Le devoir de mémoire (Acte 1 : De Mobutu aux Kabila)

Ne pas oublier la section: News

Lorsque j’ai commencé à enseigner en 1998, j’enseignais un cours de géographie optionnel de secondaire 5. Dès le début de ma carrière, j’ai eu le goût de démystifier des problématiques du monde contemporain. À ma première année d’enseignement, j’avais choisi deux conflits pour épater mon directeur, lors de mes premières supervisions comme enseignant. J’ai commencé par le conflit en ex-Yougoslavie et j’ai mis la cerise sur le sundae avec le génocide rwandais. C’est dans ce contexte, que je traîne dans mes cartons d’enseignant, le génocide rwandais. À chaque année ou presque, je m’évertue à faire comprendre ce qui s’est passé en 1994 dans ce petit pays de l’Afrique des Grands Lacs. Je termine toujours ce chapitre par la conclusion suivante : « La fin du génocide va provoquer l’exil de deux millions de personnes, principalement de l’ethnie hutue, vers le pays voisin qui s’appelait le Zaïre à ce moment. Cet exil massif viendra déstabiliser ce pays et provoquer un conflit qui fera entre quatre et cinq millions de morts. » J’arrête l’histoire à ce moment et je passe à une autre problématique. Aujourd’hui, je vous propose de poursuivre l’histoire et de vous raconter ce qui se déroule en République Démocratique du Congo depuis trente ans. Nous avons un devoir de mémoire par rapport à ce conflit qui est, soi dit en passant, le plus tragique depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

Les dommages collatéraux du Rwanda
C’est donc dans le contexte de la fin du génocide au Rwanda, situé à l’Est de la RDC, que deux millions de personnes, vont fuir les représailles potentielles du nouveau Président du Rwanda Paul Kagamé.* Ils vont aller se réfugier dans la province du Nord-Kivu.

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L’arrivée massive de réfugiés, principalement de l’ethnie hutue et membres du FAR ou de l’Interhamwe**, va venir complètement bousculer l’équilibre d’un pays qui était déjà fragile et qui était sous l’emprise du dictateur Mobutu depuis près de 30 ans. C’est ainsi que les tensions ethniques qui étaient déjà grandes, vont s’accentuer et seront attisées par l’ingérence du Rwanda et de l’Ouganda. Comme Mobutu était un allié et ami de l’ancien président Président rwandais, Habyarimana***, ces pays ont travaillé pour aller mettre leur homme, Laurent Désiré-Kabila, aux rênes du Zaïre. C’est dans ce contexte, que le Zaïre deviendra la République Démocratique du Congo et que le dictateur Mobutu devra s’exiler en 1997. Très rapidement, Kabila voulu se distancer de ses nouveaux amis, ce qui viendra mettre la table pour une véritable guerre généralisée en Afrique.

 

Le conflit
L’enfer se déchaînera dans l’Est de la RDC avec l’implication d’environ 10 pays selon deux axes principaux: le Rwanda, l’Ouganda, le Burundi contre la RDC, le Zimbabwe, l’Angola et la Namibie. Une guerre africaine, additionnée à de nombreux enjeux ethniques et régionaux. Sans oublier un facteur très important : une volonté d’accaparer les nombreuses ressources minérales de ce pays.(Diamants, Coltan et uranium…). Dans la foulée de l’entente de paix de Lusaka de 1999, la MONUC (Mission de l’ONU) va se déployer dans le pays, mais les combats vont se poursuivent au même rythme. En 2001, Laurent Désiré Kabila est assassiné et tout de suite remplacé par son fils Joseph. Après cinq années de violents combats, une paix globale sera signée à Prétoria en 2002 et mettra fin à ce que certains intervenants appelleront la « première guerre continentale africaine ». Selon des estimations, cette guerre avait fait, à ce moment de l’histoire, près de trois millions de morts et presque autant de gens déplacés. C’est à ce moment que la nouvelle mission des Nations-Unies (MONUSCO) sera chargée de faire respecter la paix entre les pays, sans vraiment se soucier de la paix intérieure…

La semaine prochaine…
Acte 2
La barbarie et l’indifférence.

*Paul Kagame était le chef du FPR, constitué de miliciens de l’ethnie tutsie. Il va conduire ses miliciens de l’Ouganda vers le Rwanda et prendre le pays aux mains du gouvernement hutu, qui était, selon la version officielle, en train de commettre un génocide à l’encontre des Tutsis. Avec sa prise de pouvoir, plusieurs vont fuir parce qu’ils avaient peur de la vengeance des Tutsis.
**FAR pour forces armées rwandaises qui étaient des soldats hutus. Pour leur part, les interahamwés étaient des miliciens hutus qui étaient les exécutants du génocide.
***Juvénal Habyarimana, un hutu, a été assassiné le 6 avril 1994. Sa mort déclencha le génocide rwandais, qui fit près d’un million de morts en près de 100 jours. À ce jour, personne n’est capable d’affirmer avec certitude l’auteur de cet attentat.

Bibliographie

  1. http://www.radiookapi.net/2015/12/08/emissions/point-de-vue-des-jeunes/avantages-et-inconvenients-du-decoupage-territorial-en
  2. http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/02/10/dans-l-est-de-la-rdc-une-vie-de-guerres-pour-rien_5077468_3212.html
  3. http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/429438/rdc-le-grand-conflit-oublie
  4. http://lactualite.com/politique/2012/12/06/comprendre-la-guerre-en-republique-democratique-du-congo/
  5. http://www.la-croix.com/Monde/Afrique/LEst-RD-Congo-dechire-22-guerre-2016-08-15-1200782377
  6. http://www.milkipress.fr/2016-02-20-les-guerres-en-republique-democratique-du-congo—chiffres-temoignages.html
  7. https://www.cairn.info/revue-afrique-contemporaine-2003-3-page-147.htm

Les nouvelles de la semaine (9 au 16 juin 2017)

Pour une nouvelle du jour, voir la page : «News»

  1. Grosse prise pour Amazon : Le PDG d’Amazon se demandait quoi faire avec son argent hier… Je me disais qu’il aurait pu faire un paquet de choses avec ça, mais l’entreprise vient plutôt d’acheter le géant des supermarchés Whole foods market, pour la modique somme de 13,7 milliards. Ce que je réponds à ça : « Mon blogue n’est pas à vendre, peu importe le prix! » Partagez cette déclaration au cas où…
  2. Les États-Unis ne lâchent pas le Qatar : Dans la crise diplomatique du Golfe, les États-Unis ont décidé d’appuyer sans réserve le Qatar. Comme quoi, un contrat de 15 milliards de dollars pour la vente de F-16 est convainquant.        M-O-N-E-Y-T-A-L-K-S
  3. Bosco Ntaganda, alias le Terminator congolais devant la CPI : Le fondateur du M-23 fait face à 13 chefs d’accusations pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre. On lui attribue la responsabilité de la mort d’environ 60 000 personnes. Lors de sa comparution du jour, l’ancien milicien du FPR de Paul Kagamé, a voulu montrer un visage humain.(enfance difficile…) Saviez-vous que le conflit en RDC a fait près de cinq millions de morts, depuis le milieu des années 1990 ?
  4. Le chaos en République Démocratique du Congo : Depuis le mois d’août 2016, les violences ont fait des milliers de morts et près d’un million de personnes déplacées dans ce pays. L’ONU a répertorié 42 fosses communes dans la région de Kazaï. On ne parle jamais de ça dans nos médias…
  5. Les Warriors champions : Quel show de sport, pour l’amateur de basket-ball que je ne suis pas. Les Warriors, de Curry et Durant, remportent un deuxième championnat en trois ans, contre les Cavaliers de James et Irving.
  6. Les Penguins champions : On n’attendait pas la coupe Stanley à Pittsburgh cette année. Malgré l’absence de Letang, avoir les deux meilleurs joueurs de hockey au monde, ça aide !
  7. Navalny arrêté à Moscou : Le blogueur et opposant de Vladimir Poutine, vient d’être arrêté pour l’organisation d’une manifestation anti-corruption. Bizarrement, il arrive toujours des pépins aux gens qui pourraient déloger l’homme de fer russe. Vive la démocratie !
  8. La France en marche ! : Le parti d’Emmanuel Macron vient de balayer la France, lors des dernières élections législatives. Au lendemain du premier tour, le Président pourrait s’accaparer d’une forte majorité, lors du deuxième tour. Que retenir de ces premiers résultats ? Il y a 34 % de Français qui sont sous le charme de Macron, l’opposition est divisée et plusieurs Français sont désabusés de la politique, avec un taux d’abstention à près de 50 %.
  9. La semaine de Trump :
    – Suspension du décret anti-immigration confirmée à nouveau par la Cour de la Californie.
    – Poursuite engagée par l’État du Maryland et la Capitale de Washington, pour des revenus provenant de gouvernements étrangers. Ces sommes ont été payées à son empire immobilier, qu’il a cédé à ses fils.
    – C’était au tour de Jeff Sessions, le Ministre de la Justice, de comparaître devant le comité sénatorial du renseignement. Il reste beaucoup de zones d’ombre après son témoignage. Au USA Today, on a ironisé en écrivant dans l’éditorial: « Le ministre de la Justice paraît considérer que son principal client est Trump, et pas le peuple américain. ». ( http://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/etats-unis-statu-quo-apres-le-temoignage-de-jeff-sessions-au-senat)
    – Un procureur spécial vient d’être mandaté pour enquêter sur l’affaire russe. Le but de cette démarche : savoir si Trump à entravé la justice. Les partisans de Trump diront : Les médias et l’establishment sont prêts à tout pour avoir la peau du Président.
    – Le Président a joué deux rondes de golf cette semaine…

Des provocations dangereuses ?

Voir la nouvelles section : «News»

Les actes de provocation répétés de la dictature nord-coréenne sont un peu comme une nouvelle sympathique que l’on voit dans le journal de temps en temps. On prend la gazette, on lit rapidement et on passe à la fin du journal. Pas trop le temps de se creuser la tête, il faut vite aller voir les analyses en profondeur de ce qui se passe dans le monde du sport. Récemment un lecteur assidu de mon blogue, m’a posé une question sur la Corée du Nord et je m’affaire donc à y répondre aujourd’hui. Pourquoi la Corée du Nord est toujours dans une dynamique de provocation ? Avant de répondre à cette question, j’aimerais vous parler un peu de la dynastie des Kim et finir avec une question à cent piastres.

Petite histoire de la dynastie des Kim
C’est Kim II-sung qui va fonder la Corée du Nord en 1948, sous le modèle du communisme stalinien. C’est sous le signe de l’autosuffisance du pays et le culte de la personnalité qu’il va diriger le pays sous un main de fer, jusqu’à sa mort en 1994. On le considère d’ailleurs comme étant le leader « éternel » de la Corée du Nord. C’est son fils Kim Jong-iI, qui va lui succéder et qui va mettre l’accent sur la militarisation du pays et le renforcement de l’État, en raison de l’effroyable famine qui ravagea le pays à la fin des années 1990. Il fera du pays le plus militarisé au monde*. À sa mort en 2011, c’est son fils, Kim Jong-un qui prendra les rênes du pays.

Les provocations
Pour exister ce régime a besoin de provoquer. Les essais balistiques et nucléaires sont faits pour montrer au monde que la dictature est bien en place et qu’elle constitue réellement une menace. La provocation suscite des réactions et c’est ce qui est recherché là-dedans. C’est comme l’histoire du petit gars qui ferait des bêtises pour que l’on s’occupe de lui. Kim Jong-un a accéléré les provocations pour asseoir sa propre crédibilité et non voguer sur celle de son père. De plus, ces provocations choquent et serviront éventuellement de monnaie d’échange**pour de l’aide au pays, qui est l’un des plus pauvres au monde. Enfin, cette situation est profitable pour le programme militaire américain, car la menace est vecteur d’investissements et à ce chapitre, il y a des lobbys qui vivent très bien avec cette situation.

Faut-il prendre ces menaces au sérieux ?
Oui.
Ce pays est voisin de la Corée du Sud et du Japon. Avec ces essais répétés, on lance le message que l’on est capable d’atteindre des bases militaires américaines qui sont situées dans ces deux pays. Avec 47 000 soldats au Japon et 28 500 en Corée du Sud, les États-Unis ont tout intérêt à prendre ces provocations au sérieux. C’est dans cette optique, que les Américains ont déployé un porte-avions dans la région au mois d’avril. De plus, il ne faut pas oublier l’instabilité de ce dirigeant. À un moment donné, Kim, voyant que ces provocations ne mènent nulle part, pourrait commettre l’irréparable. Parlant d’instabilité, on peut aussi jeter un coup d’oeil de ce côté-ci de l’Atlantique.
Non.
La Corée du Nord est complètement isolée sur le plan international. Son seul allié, la Chine, est tanné des frasques de son voisin. D’ailleurs, les Chinois ont annoncé au début de l’année qu’ils allaient cesser d’importer du charbon nord-coréen jusqu’à la fin 2017. Pour un pays aussi pauvre que celui-ci, cette mesure de représailles économique fait très mal. De plus, la raison pourrait l’emporter à la fin de tout ce processus. Concrètement, si la Corée du Nord déclarait la guerre, ça serait une des plus courtes guerres de l’histoire. Ça serait automatiquement la fin du régime et des souffrances impitoyables pour son peuple.

Finalement, je crois que la situation en Corée du Nord n’est pas sur le point de se régler. Je pense que nous allons rester dans une situation d’équilibre au courant des prochaines années. Lorsque les Chinois l’auront décidé, ils règleront le cas de cette dynastie farfelue. Malgré les inconforts que créent ce régime, auprès du Parti communiste chinois, le gouvernement juge ce pays essentiel à l’équilibre mondial. La Corée du Nord est comme le cailloux dans le soulier des États-Unis en Asie et les Chinois le savent trop bien.

* En 2016, il y avait environ 10 millions de militaires pour une population totale de 25 millions d’habitants.
** On a d’ailleurs attribué à la Corée du Nord l’attaque, informatique d’envergure internationale, qui a frappé la planète le mois dernier. (WannaCry) Ces attaques ont pour but de faire rentrer des capitaux étrangers dans le pays, par le biais des rançons.

 

À lire la nouvelle section : « News »

1. Les attentats de la semaine : Bagdad, Kaboul, Yaoundé, Manille, Londres, Téhéran.

2. Coupures des liens diplomatiques entre le Qatar et six pays arabes : Le torchon brûle entre les différentes monarchies du Golfe Persique. Six pays arabes, dont l’Arabie-Saoudite, les Émirats arabes unis et l’Egypte viennent de rompre leurs relations diplomatiques avec le Qatar. L’Arabie-Saoudite, en tête, accuse le Qatar de financer le terrorisme. Comme-ci ce pays, pouvait donner des leçons de rectitude politique. Il y a probablement les liens qui existent entre ce pays et l’Iran chiite qui a motivé cette décision. Cette rupture sera accompagné de mesures de rétorsions économiques à l’encontre du Qatar. Tout ceci pourrait à avoir des conséquences sur la fragile stabilité de la région. Pour ma part, je considère que c’est une forme de déclaration de guerre de l’axe sunnite à l’axe chiite. C’est une histoire à suivre…

3. Encore la Corée du Nord : Hier c’était des missiles, un autre jour un essai nucléaire. Les exercices s’accélèrent depuis le début de l’année. À un moment donnée, ça va être pour de vrai. Il ne faut pas oublier la fragilité psychologique du dictateur en place.

4. Augmentation importante du budget de la défense : Le Canada va augmenter ses dépenses militaires de 70 % d’ici 10 ans. Passer de 18 milliards à 33 milliards. Je vais vous surprendre ici, mais je crois que c’était nécessaire. Le Canada est un partenaire important de grandes organisations internationales et il n’avait pas vraiment le choix d’investir. On peut bien déchirer sa chemise sur la place publique, concernant les différentes crises dans le monde, mais il nous faut des moyens pour aller les soulager.

5. L’Homo sapiens plus vieux de 100 000 ans : L’origine de l’humanité vient de prendre un coup de vieux. Des découvertes récentes faites en Ethiopie viennent de prouver que l’espèce humaine date de 300 000 ans.

6. L’Iran frappée par l’EI : La capitale du pays, Téhéran, a été le théâtre d’un attentat qui a fait 17 morts hier (mercredi). C’est une nouvelle très importante, car c’est la première fois, que l’Iran est victime de l’EI. Qu’est-ce qui peut expliquer cet attentat ?

a. L’Iran est engagé aux côtés de la Russie dans sa lutte contre l’EI en Syrie ;

b. Il y a la filiation religieuse qui n’est pas à négliger. La religion musulmane se divise principalement en deux branches : Les Chiites et les Sunnites. Le principal pays chiite est l’Iran et son opposant est l’Arabie-Saoudite sunnite, qui propose une vision très rigoureuse de l’Islam par le biais du Wahhabisme. Pour certains extrémistes sunnites, les chiites sont des impurs.

7. Theresa May minoritaire au Royaume-Uni : La PM britannique devra mener à bien le Brexit avec un gouvernement minoritaire. Elle sort fragilisée de ces élections, elle qui désirait un mandat fort pour négocier la sortie du pays de l’Union européenne.

8. Témoignage de Jim Comey : C’est jeudi qu’avait lieu le témoignage de l’ancien directeur du FBI, devant la commission du renseignement du Sénat. Rappelons que celui-ci a été limogé par Donald Trump le mois dernier. Il doit témoigner pour faire la lumière sur le rôle qu’a joué la Russie dans la dernière élection présidentielle. L’histoire est plus sensible au niveau de la possibilité que le Président ait suggéré à Comey de cesser d’enquêter sur son ancien conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn et de ses liens avec la Russie. Selon ce témoignage, le Président aurait fait de l’entrave à la justice et pourrait être destitué pour cela. Au final, ça sera la parole de Comey contre celle de Trump. Qui aura raison selon-vous ?

 

Le voyeurisme qui nous aveugle !

Ne pas oublier la nouvelle section : « News »

Les derniers attentats de Londres illustrent encore une fois à quel point les médias ont de la difficulté à réellement faire le suivi de l’actualité. Lorsqu’un événement tragique frappe un pays occidental, les médias se précipitent, telle une meute de loups, pour aller « over » analyser ce qui s’est passé. Entendons-nous, le terrorisme est intolérable et inacceptable. Ce qui m’emmerde dans tout ça, c’est ce besoin, des médias, de rapporter dans tous les moindres détails la séquence des événements. Par exemple, je voyais vendredi, un journaliste à la télévision, avec une carte interactive, nous montrer le trajet en camion des terroristes, l’endroit où ils avaient frappé les piétons, le chemin parcouru à pied pour se rendre au marché et en bonus : le corps présumé d’un auteur de ce carnage. Bien honnêtement, je me fous de tout ça (pas de la tragédie, mais de ces analyses…) car, la vie continue de tourner et il se passe des choses ailleurs. Je considère cette manière de rapporter les nouvelles, comme une forme de voyeurisme que l’on veut satisfaire. Si on avait pu voir mourir quelqu’un en direct en criant : « Allahu Akbar », ça aurait été encore mieux… Dès qu’un pays occidental est frappé, on oublie les autres tragédies, on oublie que l’on n’est pas seuls au monde et on n’essaye même pas de comprendre ce qui se passe globalement.

Pendant ce temps…

  1. Une guerre oubliée fait toujours rage au Sud-Soudan. On est tellement désintéressé par le sort de ce pays, que le bilan des morts oscille entre 50 000 et 300 000 depuis 2013. Il y a le conflit direct, qui ressemble de plus en plus à un génocide et il y a la famine qui fait aussi énormément de victimes. Vous savez, la faim est capable de tuer beaucoup de monde, mais malheureusement ce n’est pas très prestigieux d’en parler aux nouvelles…
  2. Le 30 mai, deux attentats ont fait plus de 40 morts à Bagdad en Irak. Près de 200 000 civils irakiens sont morts depuis 2003. Si on compte rapidement, ça fait environ 1200 morts par mois. La tendance s’est accélérée depuis 2013, avec l’émergence de l’EI.
  3. Le 31 mai dernier, un attentat a fait 150 morts et plus de 400 blessés dans la capitale Afghane de Kaboul. C’est l’acte terroriste le plus meurtrier en Afghanistan depuis 2001.
  4. Une attaque dans un casino de Manille, aux Philippines, a fait 37 morts 50 blessés. Encore une attaque qui a été revendiquée par l’EI.
  5. Vendredi dernier, un attentat a fait neuf morts et 30 blessés à Yaoundé au Cameroun. L’attaque a été revendiqué par l’organisation terroriste Boko Haram, groupe qui a prêté allégeance à l’EI en 2015. Il ne faut pas les négliger, car la déstabilisation est grande dans cette région du monde. Un coup d’oeil au nord, vers la Libye, serait bien avisé.

Ce que j’essaie de dire dans cette chronique, c’est que j’ai de la difficulté avec la couverture médiatique. Londres a encore été frappée et à partir de là, les médias envoient des quantités industrielles de journalistes pour nous faire vivre l’événement sous toutes ses coutures. Dans cet ère de l’information, j’ai l’impression que l’on n’est pas vraiment informé. On fait un gros show de nouvelles, pour satisfaire notre besoin de voir. Pas besoin de nous faire comprendre les tenants et les aboutissants de l’idéologie barbare qui est derrière le djihad islamique et qui fait des victimes partout dans le monde…

Enfin, je vous laisse sur une liste de questions auxquelles on pourrait répondre un jour:

Liste non-exhaustive

  1. Qu’est-ce que le djihad ?
  2. Quels sont les origines du terrorisme contemporain ?
  3. Quelle est la différence entre Al-Qaïda et l’EI ?
  4. Quels sont les sources de financement de l’EI ?
  5. Comment se fait le recrutement des djihadistes ?
  6. Pourquoi le Royaume-Uni est autant ciblé par l’EI ?
  7. D’où provient notre difficulté à parler de guerre contre le terrorisme islamique?

 

Nouvelles de la semaine (28 mai au 1er juin 2017 )

  1. G7 en Italie et à Charlevoix l’an prochain : Les dirigeants du Canada, des États-Unis, du Royaume-Uni, de l’Allemagne, du Japon, de la France et de l’Italie se réuniront l’an prochain au Manoir Richelieu pour discuter de l’avenir de la planète. Il sera intéressant de suivre le développement des relations qui se sont détériorées entre l’Allemagne et les États-Unis lors de la rencontre italienne.
  2. Attentat contre des coptes en Égypte qui fait 28 morts : Cette minorité chrétienne en Égypte a encore été frappé par les djihadistes de l’EI. Rappelons que cette minorité avait appuyé l’éviction de Mohammed Morsi, de la formation politique des Frères musulmans, qui avait été élu démocratiquement après que le Printemps arabe eu raison du dictateur Hosni Moubarak.
  3. Andrew Sheer le nouveau chef du parti conservateur : C’est probablement la fin de la carrière politique de Maxime Bernier et le ticket d’assurance de Justin Trudeau pour un autre mandat. Ce qui me rassure dans tout ça, c’est que le pot sera légalisé…
  4. Tir de missile nord-coréen : Suite à troisième tir de l’année, les États-Unis ont répondu avec l’essai réussi d’un tir de missile pour intercepter un missile. Comme le disait Édouard Carpentier : « À toi à moi ».
  5. Les États-Unis se retirent de l’entente de Paris : Selon le Président, il s’agissait d’une décision évidente à prendre pour le bien des Américains. D’ailleurs, il en avait fait la promesse durant la dernière campagne. Il n’y a donc encore pas de surprise à ce niveau, même si ce retrait est un peu préoccupant pour l’avenir de la planète. Pour les gens qui pensent que le réchauffement climatique est un canular je vous laisse avec une petite pensée : « Make America great again and fuck up the rest of the world ».
  6. L’ancien dictateur de Panama est mort : Manuel Noriega, ancien agent de la CIA, est mort à l’âge de 83 ans. Il fut délogé du pouvoir en 1989 par l’armée américaine et incarcéré pendant 27 ans pour trafic de drogue et corruption. L’intervention de Panama fut une répétition générale, pour l’armée américaine, avant la guerre du Golfe. Noriega était le méchant qu’il leur fallait, bien qu’il se soit défendu d’avoir commis ses crimes avec la bénédiction de la CIA.
  7. Québec veut rouvrir la constitution et Trudeau refuse : Attention ici, ça va brasser pas à peu près…je blague…Concrètement, le Québec veut rouvrir un document qu’il n’a jamais signé et le fédéral ne veut pas ! Ça doit être moi qui rêve, mais ça ne dérange personne. Je laisse le mot de la fin au ministre de Transports Marc Garneau « On est confiant que notre relation avec le Québec est une bonne relation et qu’on s’adresse aux priorités des Québécois et je le répète, c’est l’économie, ce sont les emplois ». Bonne nuit les Québécois…ZZZ!!!

Entre hypocrisie et naïveté crasse !

 

S’il y a un sujet qui est emmerdant, c’est bien celui de la lutte aux changements climatiques. Vous allez m’excuser de vous embêter, mais je vais vous en parler un peu. Je vous en parle, car j’ai toujours l’impression que les hypocrites et les naïfs sont légion dans ce domaine. Lors du G7 de la dernière semaine en Italie, il a été possible de voir la fin de l’unanimité sur la lutte aux changements climatiques. Rappelons que 195 pays, dont les États-Unis, ont signé une entente lors de la COP 21 de Paris en 2015 pour tenter de limiter le réchauffement climatique à 2°C d’ici 2100. Les Américains viennent d’évoquer une remise en cause de leur signature. Est-ce que ce revirement est vraiment surprenant ? Est-ce catastrophique pour l’avenir ?

Une surprise ?
L’unanimité est tombée et j’espère qu’il n’y a personne qui est sous le choc. Il n’y a absolument rien de surprenant là-dedans et ce pour deux raisons. Tout d’abord, la base électorale républicaine est plutôt sceptique par rapport à cette problématique. Elle ne croit pas à cette lubie selon, laquelle il y aurait un réchauffement climatique et que l’activité humaine en serait responsable. D’ailleurs, lors de la nomination de son cabinet, Donald Trump a nommé le climatosceptique Scott Pruitt au poste de ministre de l’environnement.(EPA) D’entrée de jeu, le message était assez clair. Deuxièmement, la signature des États-Unis était le fait de l’administration Obama. Pour que cette signature soit effective, il fallait qu’elle soit ratifiée par les parlementaires. À ce niveau, Obama ne détenait pas la majorité dans aucune des chambres et il savait qu’il serait battu s’il soumettait l’entente à un vote. Obama a signé sous l’influence du groupe et avec une certaine naïveté ou espoir de voir les démocrates balayer les républicains lors de la présidentielle de 2016. Avec l’élection de Trump, il était clair que c’était la fin de la participation des États-Unis. Qu’à cela ne tienne, est-ce que la situation est aussi désespérée que l’on le prétend ?

Est-ce la fin ?
Bien qu’il soit minuit moins une, la situation n’est pas encore désespérée. Tout d’abord, les Américains sont responsables de 14 % des émissions de GES annuellement.* Il reste toujours bien un 86% sur lequel on peut travailler. De plus, avec le rapport Stern-Stiglitz, qui recommande d’axer la lutte aux changements climatiques sur l’établissement d’un prix au carbone, il y a une lueur d’espoir à l’horizon. L’espoir réside dans le fait, que Rex Tillerson, actuel Secrétaire d’État américain et ancien PDG d’ExxonMobil, a toujours été un partisan de la taxation du carbone. En mettant un prix sur le carbone, les entreprises, les gouvernements et les consommateurs devront prendre des décisions économiques en concordance avec l’écologie. Enfin, cet éventuel retrait du gouvernement fédéral américain, ne peut pas freiner le désir des États et des villes, car ce sont les initiatives locales qui auront davantage d’impact sur l’avenir.

Faut bien mourir de quelque chose !

Ça fait des décennies que l’on dit lutter contre cette problématique et rien n’y fait. Une grande hypocrisie plane à travers nous. Prenons l’exemple canadien, le pays a adhéré au protocole de Kyoto et nos émissions de GES atteignent toujours des niveaux historiques à chaque année. Depuis son élection le Premier Ministre canadien martèle le message d’un funambule entre l’économie et l’environnement. Il refuse de choisir entre les deux et les citoyens se comportent comme lui. Selon moi, il est impossible de concilier le développement économique, fait avec des énergies fossiles et l’atteinte des objectifs de Paris. À cet égard, le discours américain a le mérite d’être clair, mais il n’est pas mieux pour autant. On se fout de l’avenir à long terme et il faut une croissance économique perpétuelle. Pour y arriver, tous les coups sont permis ! Finalement, Bien qu’il reste encore de l’espoir, il faudra arrêter de regarder le monde avec nos lunettes roses de nord-américains et agir. Certains me diront qu’il faut bien mourir de quelque chose et que l’économie c’est important… C’est ici que j’arrête, car il n’y a rien à faire avec du monde comme ça !

Bonne journée!

*C’est 14% si l’on ne tient pas compte des GES que les États-Unis délocalisent en Chine et partout ailleurs. Il n’y a pas juste les emplois du secteur manufacturier qui quittent pour la Chine, il y a aussi la pollution. Big Deal !

Nouvelles de la semaine (20 au 27 mai 2017)

  1. Philippe Couillard refuse de souligner la fête des Patriotes : Lorsque le PM du Québec ne veut plus souligner la contribution politique des Patriotes pour l’émancipation du Québec, nous sommes rendus à l’étape de dire que ce PM n’aime pas le Québec.
  2. Attentat de Manchester : Un autre attentat revendiqué par l’EI et qui a fait 22 morts et plus de 50 blessés. À chaque fois, nous sommes frappés par la barbarie de cette organisation islamique. N’ayons pas peur de nommer le responsable de cette infamie : le totalitarisme islamique.
  3. Grève générale dans la construction : C’est mercredi matin que les syndiqués du monde de la construction ont exercé leur droit de grève. Je n’écoute plus la radio parlée, parce qu’elle polluait mon existence, mais on doit sûrement y parler en bien du mouvement syndical. J’ai entendu dire que Régis Labeaume poussait dans le dos du gouvernement provincial pour qu’il prépare une loi spéciale, pour forcer le retour au travail des syndiqués. Que voulez-vous ? Quand on perd de l’argent, il faut absolument tout faire en notre possible pour limiter le pouvoir des travailleurs…
  4. Tournée extérieure pour Donald Trump : Ce fut une semaine chargée pour le Président, car il était en tournée diplomatique à l’étranger. Il y a trois choses à retenir de ce voyage :
    • Il s’est résolument rangé du côté d’Israël et de l’Arabie-Saoudite, en pointant du doigt l’Iran pour ses prétentions nucléaires et son soutien au terrorisme. Rappelons que les États-Unis et l’Iran ont signé un accord sur le nucléaire en 2015 et que l’Arabie-Saoudite en fait beaucoup pour soutenir le terrorisme ;
    • Il se range du côté saoudien et décide de mettre de côté la question des droits de l’homme et de la femme dans ce pays. Vous connaissez la chanson « Moneytalks » ?
    • Il veut régler le conflit Israélo-palestinien, comme tous ses prédécesseurs, mais sans rien demander aux Israéliens. On nage ici en pleine rhétorique tapageuse.
  5. La suède abandonne ses poursuites contre Julian Assange : Le fondateur du site internet WikiLeaks n’est plus poursuivi par la Suède pour des allégations d’agression sexuelle. Rappelons qu’il est, depuis 2012, réfugié à l’ambassade de l’Uruguay à Londres. Il n’en sortira pas de sitôt, car les services secrets britanniques et américains rêvent de l’enfermer pour toujours ou de le faire exécuter. Son crime: Avoir publié des secrets gênants pour les puissants de ce monde.
  6. Réélection de Rohani en Iran : C’est le modéré Rohani qui a été réélu à la présidence de l’Iran. C’est son ouverture qui avait permis un rapprochement avec les États-Unis sur la question du nucléaire. C’est une gifle pour les ultra conservateurs et une bonne nouvelle pour la stabilité mondiale, surtout dans un contexte où Trump a décidé de sortir l’épouvantail à moineaux pour les iraniens.
  7. QS refuse la convergence du mouvement souverainiste : Selon plusieurs éditorialistes, cette nouvelle vient fragiliser le mouvement indépendantiste et le parti québécois. J’ai deux commentaires par rapport à ça :
    1. Le mouvement indépendantiste et le parti québécois étaient déjà fragilisés;
    2. QS et le PQ n’ont rien en commun. Y’a-t-il encore quelqu’un qui croit que QS est un parti souverainiste ?

Bonne semaine!

Michel Bouchard

Le spectacle de Donald Trump (Partie 1)

C’est le 20 janvier dernier que Donald Trump a prêté serment pour ainsi devenir le 45e Président des États-Unis. Depuis ce temps, il n’y a pas une semaine où il n’y a eu rien à dire dans les médias, par rapport à cette administration. D’ailleurs, vous avez peut-être remarqué, dans La Presse+, la page quotidienne sur les États-Unis. Pour ma part, depuis le lancement de mon blogue, j’aurais pu écrire à chaque fois à ce sujet. D’ailleurs, on m’arrête même dans les rues pour que je le fasse. D’accord j’y vais, je me lance et j’écris sur quoi ? Trop de sujets…C’est pour cette raison que je vais répondre à sept questions sur l’administration Trump :

Comment expliquer son élection ? (Trois facteurs)

  1. Pour devenir le candidat des républicains et par la suite Président, cet ancien démocrate, a soutenu un message de rejet de l’establishment. D’ailleurs, Bernie Sanders a fait exactement la même chose lors des primaires démocrates. Rejet des vieilles pratiques politiques et messages anti-immigration, anti libre-échange en lien avec son slogan de campagne : « America First ». Ce message a été capté par bien des gens et Hillary Clinton, en plus d’être une femme, était la parfaite représentante de l’establishment ;
  2. Un contrôle parfait de son message, par le biais de son compte Twitter, et une guerre ouverte contre les médias traditionnels. En déclenchant une guerre aux médias, qu’il associe à l’establishment, il a été chercher le bâton de la vérité. Selon lui, les médias sont corrompus et des électeurs ont acheté ce message. Peu importe ce qu’il dit ou il fait, lorsque c’est rapporté dans les médias, il s’agit de mensonges au service de l’establishment. Une marge des électeurs y ont cru dur comme fer et y croit encore ;

En devenant le candidat républicain, il était assuré de ramasser en partant 40% des votes. Que voulez-vous ? Il n’y a que deux partis significatifs aux États-Unis. Tu viens au monde démocrate ou républicain. Il reste, selon mon évaluation non-scientifique, 20 % d’électeurs « jello ». Ceux qui changent au gré des candidats et des partis marginaux. Ici, encore une fois, il ne faut pas oublier qu’il affrontait une femme. (Qu’est-ce que je tente d’insinuer ici ?)

Pourquoi veut-il construire un mur entre le Mexique et les États-Unis ? Mettons quelque chose au clair immédiatement : il y a déjà un mur sur le ⅓ de la frontière entre le Mexique et les États-Unis. C’est depuis la fin des années 1970 que la frontière a commencé à se militariser et c’est la Secure Fence Act de 2006 qui lança les travaux de construction du mur. Trump veut poursuivre la construction, faire payer le tout au Mexique, mais sans avoir d’objectif réel. (Longueur et largeur) Cette idée de mur contribue énormément au spectacle permanent de Donald Trump. Parlez-en en bien, parlez-en en mal, mais parlez-en! Pas besoin de rien faire…

Est-ce que l’affaire « Comey » pourrait conduire à la destitution ?

  1. Tout d’abord l’histoire : Lors de la nomination du cabinet de Donald Trump, les médias ont détecté quelques nominations pro-russe. Notamment, il y avait Rex Tillerson* et Michael Flynn**. Lors de la campagne présidentielle, il y a eu des allégations à l’effet que les Russes auraient fait de l’ingérence. Le FBI a lancé une enquête sur ces allégations et sur les liens de Michael Flynn avec la Russie. C’est dans ce contexte que Donald Trump aurait dit à James Comey, le directeur du FBI de l’époque, d’arrêter d’enquêter sur Flynn, car c’était un bon gars. Il y a deux semaines, Donald Trump a congédié James Comey et celui-ci a révélé aux médias les pressions du Président pour cesser l’enquête ;
  2. La destitution : Dans les faits, il est possible que Donald Trump soit destitué, car il a entravé la justice. Dans ce contexte, je ne suis pas sûr que le parti républicain soit si triste que ça, car Trump est un caillou dans le soulier des hautes instances du parti. Dans la réalité, il serait étonnant que le Président soit destitué pour deux raisons:
    1. Il faudrait un enregistrement de ce qu’avance James Comey. C’est sa parole contre celle du Président ;
    2. Le processus est très long et certains élus républicains qui doivent travailler à leur élection de mi-mandat dans un an et demi, doivent se soucier de ce que pensent leurs électeurs du Président, avant de voter pour sa destitution.

Voilà donc la première partie de mon analyse de l’administration de Donald Trump. La semaine prochaine j’irai d’une seconde partie et j’y discuterai du décret anti-migratoire, de l’abrogation de l’ObamaCare, de l’avenir de l’Alena et de la nouvelle politique extérieure des États-Unis. Comme disait l’autre :« Bonne semaine !»

*Est le Secrétaire d’État et il est l’ancien PDG de la compagnie pétrolière ExxonMobil. Bien qu’il n’ait acquis aucune expérience politique, il a noué d’importants liens avec plusieurs chefs d’États, dont Vladimir Poutine.
**Fut pendant quatre jours le conseiller à la sécurité nationale.

Nouvelles de la semaine (15 au 20 mai 2017)

  1. Chelsea Manning est sortie de prison: Trois jours avant de quitter son poste à la Maison Blanche, Barack Obama avait signé un décret pour libérer la lanceuse d’alerte Chelsea Manning. C’est en 2010 que Manning, alors connu sous le nom de Bradley Manning, décide de communiquer des informations de l’armée américaine au site internet WikiLeaks. Elle était analyste de l’armée en Irak et n’était plus capable de vivre avec les atrocités qu’elle était témoin. Elle fut condamnée à trente-cinq ans de prison pour haute trahison.
  2. « J’ai le droit absolu de discuter avec la Russie »: Lorsque questionné sur ces motivations à transmettre des informations aux Russes, en matière de terrorisme, Donald Trump a répondu cette réplique à l’opposition démocrate et aux journalistes. Il n’a pas tort, mais lorsqu’on apprend de l’ex-directeur du FBI James Comey, que Trump lui avait suggéré de cesser d’enquêter sur Michael Flynn (ex-conseiller à la sécurité nationale) et ses liens avec la Russie, on a le droit d’être perplexe. Il y a aura enquête à ce niveau et la procédure de destitution se dessine à l’horizon.
  3. Macron forme son gouvernement: Le Président de la France est en train de former son gouvernement. Il a nommé au poste de Premier Ministre Édouard Philippe, qui provient de la droite modérée. Une nomination intéressante à noter: Nicolas Hulot à la transition écologique. Le journal Le Monde le considère comme une « prise de guerre » de la part du gouvernement Macron. Je vous invite d’ailleurs à aller consulter le site internet de ce militant écologique, qui avait toujours refusé un passage en politique active. C’est l’électron libre du groupe. http://www.fondation-nicolas-hulot.org
  4. Assassinat d’un autre journaliste au Mexique: Javiez Valdez, reporter pigiste pour l’AFP et affecté aux narcotrafiquants, est le cinquième journaliste tué au Mexique en 2017. Il est à noter que onze journalistes ont trouvé la mort en 2016 au Mexique et que ce pays est le troisième pays le plus dangereux pour la presse, selon l’ONG Reporters sans frontières.
  5. Deux rapports demandent une réforme majeure de la GRC: Selon ces rapports, le harcèlement et l’intimidation sont le pain quotidien de cette organisation. Il y aura probablement une commission d’enquête sur ces pratiques. À suivre…
  6. Cyberattaque internationale: Près de 200 000 victimes ont été répertoriées. Selon certaines rumeurs, l’attaque aurait été commise par la Corée du Nord. Peu importe le responsable, la guerre du 21e se jouera à ce niveau, car les données informatiques constituent le talon d’Achille de l’humanité.