Semaine du 25 mars au 31 mars 2017

Semaine du 25 mars au 31 mars

  • Brexit: La PM de la Grande-Bretagne vient de lancer la procédure devant sortir son pays de l’Union européenne. Est-ce le début de la fin pour l’UE?
  • Indépendance de l’Écosse: Le parlement écossais vient de donner son accord pour faire une autre consultation populaire sur l’indépendance. Rappelons que les Écossais avaient dit non dans une proportion de 55% en 2014. Petit conseil aux Écossais: Attention, car se dire « non » deux fois, laisse des traces indélébiles sur une société. Vous en parlerez à des membres d’un peuple que je connais bien…
  • Le Congrès américain rejette la réforme de l’Obamacare: Le Président Trump en avait fait un élément central de sa campagne. Pourtant, même si les Républicains détiennent la majorité des deux chambres (Sénat et Représentants) le Président a essuyé un autre échec. Rappelons que, selon cette réforme, 24 millions d’Américains auraient perdu leur assurance-maladie au courant des dix prochaines années. Ne soyez pas rassurés, car plusieurs opposants, de l’aile droite du parti républicain, de la réforme trouvaient que ce n’était pas assez.
  • Budget du Québec: Bruits de criquets par une soirée chaude et humide de juillet…
  • La gauche se déchire en France: L’ancien PM socialiste Emmanuel Valls vient de donner son appui au candidat centriste Emmanuel Macron. Benoit Hamon, candidat socialiste, devra se rapprocher de l’extrême-gauche de Jean-Luc Méléchon, s’il veut passer au deuxième tour des Présidentielles.
  • Trois vedettes pour réinventer l’école: J’aimerais réagir ici à l’article de « La Presse » d’hier(30 mars), où l’on présentait le projet de réinventer l’école québécoise assorti d’un enveloppe budgétaire de 5 millions de dollars. Ce mandat a été confié à trois personnalités publiques complètement en dehors de l’éducation. À mon avis, il est important de réfléchir à cette question, mais que voulez vous faire avec aussi peu d’argent et avec aucun intervenant du monde de l’éducation ? Cette manoeuvre vient encore d’afficher le mépris qu’a le gouvernement libéral à l’égard de la profession enseignante. On va enfin pouvoir penser en dehors de la boîte (expression de m…) avec du « vrai monde » qui vont parler des « vraies affaires »!

 

L’ouverture des frontières n’est pas un remède

     Lorsque tu piges dans le chapeau des nationalités à ta naissance, il faut être vraiment malchanceux d’être né Syrien. Le conflit syrien, débuté en 2011, a déclenché un important flux migratoire. Tout ceci dans un contexte où la situation est catastrophique dans certains pays du Moyen-orient (Afghanistan, Irak, Yémen) et en Afrique du Nord. Selon certaines estimations, près d’un million de migrants a tenté de rejoindre l’Europe illégalement en 2015. Il est normal que les pays développés doivent faire leur part pour contrer ces crises humanitaires. Par contre, l’accueil de ces déshérités n’est pas une situation viable à long terme pour l’ensemble des acteurs. Cela ressemble plutôt à un premier répondant qui placerait un « plasteur» sur une plaie béante. Cette ouverture ne nous dédouane pas de prendre des actions plus significatives, plus engageantes sur le plan politique. D’autant plus que cette situation est périlleuse pour nous et pour les pays des populations réfugiées. Après ce constat, que faire ?

La montée du populisme dans les pays développés est directement reliée à cette hausse massive de l’immigration illégale. Faute de moyens pour accueillir convenablement ces masses de gens avec des cultures différentes, nous assistons impuissants à la faillite de l’intégration de plusieurs communautés et à la transformation de notre tissu social. De là vient la méfiance à l’égard des étrangers, ce qui a notamment conduit au Brexit, à l’élection de Trump aux États-Unis et à la montée de la droite protectionniste en Europe, particulièrement en France.

Le climat de méfiance est palpable dans les pays développés, mais ce n’est rien avec ce qui se passe dans ces pays où règne le chaos. Ces pays se désintègrent, par le biais d’un exode massif de cerveaux et d’une jeunesse à la recherche d’espoir. L’Afghanistan, l’Irak et la Syrie, pour ne nommer que ceux-là, se vident de leur élite intellectuelle laissant ainsi la place aux Islamistes. Sans ces atouts, que constituent les gens instruits et les jeunes, comment sera-t-il possible d’un jour reconstruire ces pays ? La situation est tellement désespérée, que les Occidentaux pactisent avec Bachar Al-Assad en Syrie. Le désarroi est grand !

Accueillir plus de gens, je veux bien, mais il ne faut pas non plus se cacher la tête dans le sable et se contenter de l’effet placebo de ce remède. Il faut régler la situation dans ces pays. Facile à dire vous me direz! Je sais, mais on a le droit de réfléchir à voix haute. La solution est politique et elle passe par une réforme complète du conseil de sécurité de l’ONU. Nous ne pouvons plus laisser les clés de l’avenir du monde à cinq pays (États-Unis, Russie, Angleterre, France et Chine) qui protègent davantage leurs intérêts que d’assurer le bien-être de ces populations accablées. Est-ce que la volonté politique est suffisamment puissante pour venir à bout de ces crises où l’on se satisfait d’elles? Après tout, la destruction est créatrice de possibilités.

Réflexion sur l’intolérance

 

     Rappelons que lorsque l’on parle de populisme, on fait référence à des politiciens qui seraient à l’écoute des volontés du peuple en étant en opposition aux élites politiques traditionnelles d’un pays. À première vue, de penser qu’un politicien puisse être sensible aux préoccupations du peuple, je trouve ça réconfortant. Cette expression galvaudée dans tous les médias de la planète, se rapporte plutôt au sens péjoratif de l’étymologie de ce terme. À savoir que le peuple serait ignare et que les politiciens populistes seraient des bêtes assoiffées de sang. Ici je ne tiens pas à défendre les idées de tous les leaders «populistes», mais plutôt à éviter les raccourcis intellectuels de l’élite bien pensante, qui voit les défenseurs de notre identité et de notre mode de vie comme étant de dangereux personnages à abattre. Et si le populisme que l’on décrit à gauche et à droite était tout simplement un réflexe normal de protection face à une menace à notre identité ou notre mode de vie ? Une nouvelle réalité introduite par l’intensification des mouvements migratoires et qui échappe au peuple. Il s’agit là d’un contexte propice à un affrontement entre les «populistes» et les idéologues du multiculturalisme, qui se plaisent à taxer d’«intolérants» les objecteurs de conscience.

Cette méfiance à l’égard de l’immigration peut être justifiée ou non, mais les habiles politiciens savent attiser ces peurs et provoquer une réflexion sur notre modèle migratoire. Dès que s’amorce cette réflexion, des idéologues de gauche sont rapides à apposer l’étiquette de l’intolérance. À cet égard, les adeptes de la tolérance ne seraient pas, eux aussi, des populistes intolérants, car ils en appellent à la lapidation publique de tous ceux qui veulent évoquer cette menace potentielle pour leur identité, leur langue et leur mode de vie. Aussitôt que quelqu’un exprime une crainte à l’égard des importants flux migratoires, du danger que court une langue ou qu’il exprime des réserves à l’encontre des ratées de l’intégration, il est qualifié de xénophobe, d’intolérant.

Évidemment, pour pallier aux tragédies du monde, l’ouverture de nos frontières est primordiale. Nous ne pouvons pas être contre la vertu. Nous vivons dans un pays riche et l’on doit contribuer. Ça va de soi! Par contre, on doit se demander comment faire pour juguler ces catastrophes et analyser la contribution de certains pays arabes qui seraient probablement capables d’en faire beaucoup plus par rapport à la crise des migrants qui est en cours au Moyen-Orient. D’ailleurs, combien de réfugiés syriens l’Arabie-Saoudite a reçus depuis le début du conflit ? Vous connaissez l’expression: «0 comme dans Ouellet»?

Finalement, nous sommes confrontés à une dualité que l’on hésite à nommer, car elle oppose un populisme identitaire, poussé par des leaders charismatiques (Trump, Le Pen et Wilders) à une idéologie faisant la promotion du multiculturalisme et véhiculée par des politiciens s’appuyant sur des diasporas probablement fidèles aux caisses de certains partis politiques…Pour les médias et les adeptes du multiculturalisme, le cancer qui gruge les sociétés occidentales, c’est l’intolérant xénophobe. Il faudrait peut-être regarder un peu plus loin, car l’intolérant n’est peut-être pas seulement celui que l’on pense…