Entre hypocrisie et naïveté crasse !

 

S’il y a un sujet qui est emmerdant, c’est bien celui de la lutte aux changements climatiques. Vous allez m’excuser de vous embêter, mais je vais vous en parler un peu. Je vous en parle, car j’ai toujours l’impression que les hypocrites et les naïfs sont légion dans ce domaine. Lors du G7 de la dernière semaine en Italie, il a été possible de voir la fin de l’unanimité sur la lutte aux changements climatiques. Rappelons que 195 pays, dont les États-Unis, ont signé une entente lors de la COP 21 de Paris en 2015 pour tenter de limiter le réchauffement climatique à 2°C d’ici 2100. Les Américains viennent d’évoquer une remise en cause de leur signature. Est-ce que ce revirement est vraiment surprenant ? Est-ce catastrophique pour l’avenir ?

Une surprise ?
L’unanimité est tombée et j’espère qu’il n’y a personne qui est sous le choc. Il n’y a absolument rien de surprenant là-dedans et ce pour deux raisons. Tout d’abord, la base électorale républicaine est plutôt sceptique par rapport à cette problématique. Elle ne croit pas à cette lubie selon, laquelle il y aurait un réchauffement climatique et que l’activité humaine en serait responsable. D’ailleurs, lors de la nomination de son cabinet, Donald Trump a nommé le climatosceptique Scott Pruitt au poste de ministre de l’environnement.(EPA) D’entrée de jeu, le message était assez clair. Deuxièmement, la signature des États-Unis était le fait de l’administration Obama. Pour que cette signature soit effective, il fallait qu’elle soit ratifiée par les parlementaires. À ce niveau, Obama ne détenait pas la majorité dans aucune des chambres et il savait qu’il serait battu s’il soumettait l’entente à un vote. Obama a signé sous l’influence du groupe et avec une certaine naïveté ou espoir de voir les démocrates balayer les républicains lors de la présidentielle de 2016. Avec l’élection de Trump, il était clair que c’était la fin de la participation des États-Unis. Qu’à cela ne tienne, est-ce que la situation est aussi désespérée que l’on le prétend ?

Est-ce la fin ?
Bien qu’il soit minuit moins une, la situation n’est pas encore désespérée. Tout d’abord, les Américains sont responsables de 14 % des émissions de GES annuellement.* Il reste toujours bien un 86% sur lequel on peut travailler. De plus, avec le rapport Stern-Stiglitz, qui recommande d’axer la lutte aux changements climatiques sur l’établissement d’un prix au carbone, il y a une lueur d’espoir à l’horizon. L’espoir réside dans le fait, que Rex Tillerson, actuel Secrétaire d’État américain et ancien PDG d’ExxonMobil, a toujours été un partisan de la taxation du carbone. En mettant un prix sur le carbone, les entreprises, les gouvernements et les consommateurs devront prendre des décisions économiques en concordance avec l’écologie. Enfin, cet éventuel retrait du gouvernement fédéral américain, ne peut pas freiner le désir des États et des villes, car ce sont les initiatives locales qui auront davantage d’impact sur l’avenir.

Faut bien mourir de quelque chose !

Ça fait des décennies que l’on dit lutter contre cette problématique et rien n’y fait. Une grande hypocrisie plane à travers nous. Prenons l’exemple canadien, le pays a adhéré au protocole de Kyoto et nos émissions de GES atteignent toujours des niveaux historiques à chaque année. Depuis son élection le Premier Ministre canadien martèle le message d’un funambule entre l’économie et l’environnement. Il refuse de choisir entre les deux et les citoyens se comportent comme lui. Selon moi, il est impossible de concilier le développement économique, fait avec des énergies fossiles et l’atteinte des objectifs de Paris. À cet égard, le discours américain a le mérite d’être clair, mais il n’est pas mieux pour autant. On se fout de l’avenir à long terme et il faut une croissance économique perpétuelle. Pour y arriver, tous les coups sont permis ! Finalement, Bien qu’il reste encore de l’espoir, il faudra arrêter de regarder le monde avec nos lunettes roses de nord-américains et agir. Certains me diront qu’il faut bien mourir de quelque chose et que l’économie c’est important… C’est ici que j’arrête, car il n’y a rien à faire avec du monde comme ça !

Bonne journée!

*C’est 14% si l’on ne tient pas compte des GES que les États-Unis délocalisent en Chine et partout ailleurs. Il n’y a pas juste les emplois du secteur manufacturier qui quittent pour la Chine, il y a aussi la pollution. Big Deal !

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