L’empêcheur de tourner en rond

 

L’autre jour j’écoutais une entrevue de Paul Magnette qui parlait des déconvenues de la mondialisation et des injustices qu’elle a créées. Pour la petite histoire, M. Magnette est le Ministre-Président de la région de la Wallonie en Belgique. C’est lui qui a poussé les dirigeants canadiens et européens à refaire leurs devoirs concernant le traité de libre-échange entre le Canada et l’UE.(AECG) Bien que le traité a été signé, les différents acteurs sont encore en train de travailler pour rendre ce traité acceptable pour les gens comme Magnette. Son opposition relève, entre autre du principe qui permet aux multinationales de poursuivre un gouvernement pour perte de profits. De plus, il soulève d’intéressantes questions concernant le bien-fondé du libre-échange, notamment au niveau de l’agriculture.

Une petite région, d’environ 3,5 millions d’habitants, a bien failli faire dérailler cet important traité d’une valeur estimée à 3000 milliards de dollars et regroupant près de 600 millions d’habitants. C’est la Wallonie, région belge, qui a mis du sable dans l’engrenage. Rappelons nous, que Justin Trudeau s’était rendu en Europe pour la signature officielle et qu’il avait dû revenir bredouille. Ce qui chicotait les Wallons, c’était le principe qui permettait à une multinationale de poursuivre un État pour perte de profits. À titre d’exemple, le cigarettier Philip Morris, selon ce principe, avait pu poursuivre l’Australie et l’Uruguay parce que ces pays avaient adopté une loi pour légiférer sur la présentation des paquets de cigarettes. Cette législation causait un préjudice à l’entreprise et lui faisait, selon elle, perdre de l’argent. En somme, cette disposition d’un traité de libre-échange, autorise une multinationale à demander des compensations à un État. Lorsque l’on continue dans cette logique, une multinationale peut poursuivre un État pour différents motifs jugés préjudiciables, dont des lois sur les normes du travail ou sur l’environnement. Ce mécanisme de l’AECG est actuellement à l’étude et on a promis à la Wallonie de le retirer de l’entente, mais ce n’est pas encore fait. Il y a eu la signature du traité, mais il reste encore la ratification. Vous pouvez être assurés que la Belgique ne pourra pas ratifier l’entente si cette clause n’est pas retirée, parole de Paul Magnette.

En plus d’avoir failli fait dérailler l’AECG, Magnette est un critique de la mondialisation et du libre-échange. Il soulève une intéressante question, sur la libéralisation des échanges de produits agricoles. À cet égard, il se demande : « Pourquoi libéraliser les produits agricoles entre deux pays qui sont capables de s’auto-suffire ? » Nous vendons notre fromage en Europe et les Européens font de même. À mon sens, il s’agit d’un illogisme économique qui ne tient aucunement compte des conséquences sur l’environnement. Comme le mentionnait un de mes éminents collègues, par rapport à la mondialisation : « On est tu obligé de manger de la papaye douze mois par année ? » Les bateaux se rencontrent en Atlantique et causent des préjudices irréparables à notre planète. De plus, ces ententes fragilisent les petites exploitations agricoles et la souveraineté alimentaire des pays. Tout ceci au profit de grands groupes d’investissement en fonds terriens et qui se spécialisent dans la spéculation.*

Le message de Magnette me rejoint particulièrement, parce qu’il rencontre exactement le point de vue de l’ancien prix Nobel de l’économie Joseph Stiglitz.** Selon Stiglitz, la mondialisation, dont la libéralisation des échanges, a été une bonne chose pour l’humanité. Il y a eu une croissance fabuleuse de l’économie et elle a amené la prospérité sur toutes les continents de la planète. Le problème de cette mondialisation, c’est qu’elle n’a pas profité à tout le monde. Elle a seulement accentué les inégalités, parce qu’elle a été pensée par les riches et pour les riches. Il est maintenant le temps de la remettre en question et de travailler, comme Magnette, et Stiglitz à la rendre plus équitable. Par contre, c’est emmerdant pour ceux qui savent ce qui est bon pour nous…

*Procédé utilisé par des gens qui se disent des créateurs de richesses pour faire augmenter artificiellement la valeur d’une possession. Je vais écrire un texte là-dessus la semaine prochaine.
**J’ai d’ailleurs fait mon essai de maîtrise sur cette question et vous pouvez le consulter à l’adresse suivante: https://sites.google.com/site/lemondedestiglitz/

 

  1. Boko Haram libère 83 lycéennes : Le groupe terroriste qui sème le chaos au Nigéria depuis une dizaine d’années vient de relâcher les écolières qui avaient été kidnappées en 2014. C’est suite à des négociations avec le gouvernement qu’elles ont été relâchées en échange de combattants du groupe islamique. En français, Boko Haram veut dire : « l’éducation occidentale est un péché » et ils ont prêté allégeance à l’EI en 2015.
  2. L’Arabie-Saoudite vient d’être nommé membre permanent du Conseil des droits de la femme de l’ONU : C’est un peu comme inviter un loup dans un poulailler. Me semble que ce n’est pas compatible. Ça ressemble à un bon gag de Marcel Béliveau ou d’Alain Stanké.
  3. Trump limoge le directeur du FBI : Le Président des États-Unis a limogé James Comey pour des raisons douteuses. Rappelons que le FBI était en train d’enquêter sur des assertions selon, lesquelles la Russie avait interféré dans la campagne présidentielle américaine. En raison de nombreux liens entre l’administration Trump et la Russie, ce dossier ne sent pas bon. Et si Poutine tenait Trump par les (_________) pour un « je ne sais quoi » ? (Dictée trouée)
  4. Le Québec dans l’eau : Et si le réchauffement climatique avait quelque chose à voir avec ça ? Faut pas dire des choses comme ça Michel… Tant qu’il subsistera des doutes dans l’implication de l’homme dans cette problématique, il ne faut pas prendre de chances et continuer dans le même sens. Après tout, ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort…
  5. Législatives françaises : Il y a une congestion de candidats pour le parti d’Emmanuel Macron en vue des législatives. Même l’ancien Premier Ministre socialiste, Manuel Valls, est allé porter son C.V.
  6. Attaque informatique d’envergure internationale : Pour l’instant, le logiciel de rançons WannaCry aurait fait 45 000 attaques. Histoire à suivre…

 

P.S. J’ai mis un titre dérangeant pour voir si cela pouvait avoir un impact sur mon lectorat. Désolé d’avoir utilisé cet écart de langage pour vendre mon produit.

Avec mon voyage que je suis en train de faire à San Francisco, je suis frappé par un constat effroyable: il y a beaucoup trop d’injustices dans le monde. Un touriste qui arrive dans cette ville magnifique, ne peut être que charmé par cette ville. Le Cable Car, le Golden Gate, les vignobles de Sonoma et de Napa, tout y est pour combler l’épicurien qui sommeil en moi. Toutefois, j’ai de plus en plus de difficulté à profiter du moment, car il y a énormément de pauvreté visible. Une pauvreté que l’on ne veut pas voir, mais qui est cruellement présente. Que faire pour combattre ce fléau ? Je fais parti d’une classe de riches de la société, mais je ne peux pas rien faire pour solutionner cette mauvaise répartition des richesses. Il y a ceux qui se déplacent avec des jets privés, il y a moi, il y une classe moyenne qui peine à joindre les deux bouts et il y a celui qui n’a rien. Qui a le pouvoir de faire ce qu’il faut ? Il y a certes les gouvernements, mais ils sont à la solde des grandes fortunes du monde. L’injustice règne en maître dans ce monde et l’exemple américain en est un très bon.

La semaine dernière, la chambre des représentants a voté pour faire l’abrogation de l’Obamacare. Les conséquences seront désastreuses pour les pauvres. Plus de 14 millions d’américains vont perdre leur couverture médicale d’ici 2018 et 24 millions d’ici quelques années. Les Américains n’auront plus l’obligation de souscrire à une assurance privée, ce qui était obligatoire avec l’Obamacare. Ce sont les riches qui arrêteront de payer pour ça et lorsqu’ils seront malades, ils vont pouvoir payer la facture sans problème. Ce phénomène aura un impact sur les foyers de la classe moyenne qui étaient capables de payer les primes dans un contexte où tous les Américains devaient souscrire. Vous connaissez la loi de l’offre et la demande ? Moins de payeurs, donc des primes qui vont s’envoler et une classe moyenne qui ne pourra plus payer. En parlant de ce qu’il pense de la fin de l’Obamacare, Warren Buffet mentionne :« C’est un cadeau pour les riches comme moi ! ».

Une autre réforme qui donne des frissons dans le dos, est la réforme fiscale de Donald Trump. Baisse des impôts pour les entreprises de 35% à 15 % qui stimulera les investissements aux États-Unis et viendra donner de l’oxygène aux entreprises en difficulté. Elle permettra aussi à de grands capitaux d’augmenter leurs revenus. De plus, selon cette réforme, le taux maximal d’imposition va baisser de 5% et il y aura l’annulation d’une taxe spéciale pour les très riches. Toujours selon Buffet : « Si cette loi était passée cette année, mes impôts auraient baissé de 17 % ». Il avait d’ailleurs mentionné en 2013: « Il n’est pas normal que ma secrétaire paye plus d’impôts que moi ». Selon la logique de cette réforme de la fiscalité américaine, si les riches ont plus d’argent, il y aura du ruissellement sur toutes les strates de la société. La réalité: le déficit budgétaire augmentera, les riches iront cacher leur argent dans des paradis fiscaux ou achèteront des appartements hors de prix à Dubai et le contribuable américain payera la note.

À mon sens, le plus grand fléau qui guette le monde, ce sont les très grandes inégalités qui règnent. La croissance mondiale est toujours au rendez-vous depuis des décennies, mais l’argent se concentre toujours entre les mains de grandes fortunes. Selon un rapport d’Oxfam, publié en janvier 2017, les huit hommes les plus riches de la planète possèdent autant que 50 % de l’humanité. En 2015, le 1% le riche de la planète possédait plus que le 99% restant. La situation est catastrophique et il est urgent d’agir, car si rien n’est fait la déstabilisation mondiale sera de plus en plus grande. Le terrorisme augmentera, le réchauffement climatique continuera sa marche et la démocratie sera compromise. Pour ma part, je vais retourner marcher dans les rues de San Francisco en détournant du regard la centaine de mendiants qui me solliciteront durant ma journée de touriste.

Michel Bouchard

Nouvelles de la semaine(29 avril au 7 mai)

  1. Bibeau et Charest : Robert Lafrenière a assuré que l’UPAC allait faire une enquête approfondie pour faire la lumière sur cette histoire. Permettez-moi d’en douter…
  2. La fin de l’Obamacare : La chambre des représentants des État-Unis vient de voter l’abrogation de l’Obamacare. Prochaine étape: le vote devant le sénat. Si jamais ça passe, 24 millions d’américains se retrouveront sans assurance maladie d’ici huit ans. Selon Warren Buffet :« C’est un cadeau pour les riches comme moi ! » B-R-A-V-O-!
  3. Tentative d’assassinat en Corée du Nord : Pyongyang vient d’accuser la CIA de complot pour tuer Kim Jong-Un. C’est rare que je crie au meurtre mais, dans ce cas, ça ne serait pas une mauvaise idée… En tout cas, un accident est si vite arrivé
  4. Des élections provinciales à l’automne : Un tweet de Sébastien Bovet de Radio-Canada laisse présager des élections à l’automne. Si ça se concrétise, on pourra dire que c’est un manœuvre électoraliste pour prendre de vitesse le PQ. Le parti devait tenir son congrès national à ce moment.
  5. Emmanuel Macron est le nouveau président de la France : C’est hier qu’avait lieu le duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Ça été une victoire relativement facile de Macron. Il aura la difficile tâche d’unir les Français, ce qui ne sera pas facile. On sera à même de le constater lors des élections législatives du mois prochain.

Nouvelles de la semaine (22 au 28 avril)

  1. Duel Macron-Le Pen: Le sort en est jeté, les Français auront à choisir entre le leader du mouvement « En marche » qui est un transfuge du Parti socialiste, ancien banquier d’affaires. Il sera opposé à la cheffe du Front National Marine Le Pen. Pour l’instant, les sondages donnent Macron gagnant par la proportion de 60/40. Le prochain round aura lieu le 7 mai.
  2. Sam Hamad démissionne de son poste: Vu sur le compte Twitter de Mathieu Bock-Côté hier (25 avril) : « La nation ne s’en remettra pas.» Je suis obligé de dire que je suis un peu d’accord avec ça !
  3. On arrête de poursuivre Joseph Kony: Le département américain vient de décider d’arrêter de poursuivre le leader de la LRA.(Armée de libération du seigneur) Kony est à la tête d’un groupe qui a semé la terreur et enlevés des milliers d’enfants soldats en Afrique centrale au courant des 30 dernières années.(RDC, Ouganda, Soudan et Sud-Soudan, RCA…) Pour justifier la cessation de la poursuite, on estime qu’il n’a jamais attaqués des intérêts américains. En Afrique, on s’inquiète et pour cause…. À voir cette vidéo de 30 minutes sur ce sympathique personnage qu’on traque depuis 2012 : https://m.youtube.com/watch?v=Y4MnpzG5Sqc
  4. Trump et l’Aléna: Le Président Trump a remis en question l’existence même du traité de libre-échange entre les États-Unis, le Mexique et le Canada. Quelques heures plus tard, il a décidé de tout simplement de le renégocier. Il y a là un peu d’instabilité ou un manque évident de compétence.
  5. Armes chimiques en Syrie: Les services secrets français ont acquis la certitude que c’est le régime de Bachar Al-Assad qui avait utilisé les armes chimiques le 4 avril. À partir de là, il y aura des conséquences pour le gouvernement syrien. WOOO!!! Je ne suis pas sûr qu’il arrivera à dormir dans les prochains jours.
  6. Les Canadiens éliminés: J’ai l’impression qu’on analyse plus ce qui se passe avec les Glorieux qu’avec nos gouvernements. Il faudrait peut-être analyser davantage le travail du gouvernement du Québec et on pourrait donc décider d’échanger la totalité de l’équipe en 2018.

Les nationaux et les mondialistes

 

     Les résultats du premier tour de la présidentielle française sont connues depuis dimanche le 23 avril et le moins que l’on puisse dire c’est que les Français sont sous le choc. Ils viennent de réaliser que tous les référents traditionnels de la gauche et de la droite, ont disparus. Imaginez : les deux grands partis seront absents du deuxième tour. Il y aura un affrontement entre Marine Le Pen(Front National) et Emmanuel Macron, un transfuge du parti socialiste, à la tête d’un mouvement appelé : « En marche ». Un duel qui opposera les nationaux de Marine Le Pen et les mondialistes d’Emmanuel Macron. En France, on s’insurge, mais les débats traditionnels entre la gauche et la droite n’ont plus la cote. Il faut en faire notre deuil, car les enjeux politiques des dix prochaines années se joueront autour de questions identitaires. Laissez-moi donc vous brosser un tableau de ces deux conceptions.

Les nationaux

Il faut tout d’abord se souvenir qu’en 2002 le Front National(FN), lorsque Jean-Marie Le Pen en était le chef, s’était aussi glissé au deuxième tour. La défaite du FN avait été cuisante face aux républicains de Chirac. Le contexte de 2017 est passablement différent. Le FN a adouci son message et celui-ci, colle un peu plus à la réalité du monde d’aujourd’hui. Quelle est cette réalité ? Les mutations économiques et sociales dû à l’intensification des mouvements migratoires à travers le monde et particulièrement en Europe. Le FN porte le message de ces Français qui s’inquiètent de l’avenir de leur nation. Lorsque l’on regarde le programme du FN, il est difficile de le considérer comme étant d’extrême-droite. Il y a 144 propositions qui ne relèvent pas essentiellement de la droite traditionnelle. Je dirais même que plusieurs mesures du domaine social, ressemblent à un programme d’un parti social-démocrate. C’est au niveau de la souveraineté et de la sécurité de la France que le FN se démarque. Il propose de rendre à la France sa souveraineté nationale en exerçant un retrait de l’Union européenne pour qu’elle puisse retrouver ses frontières et reprendre le contrôle l’immigration. Deuxièmement, la France doit redevenir un pays de libertés où les femmes seront traitées équitablement, en mentionnant au passage le cas des femmes musulmanes, et où la justice sera plus ferme et efficace.

Pour une meilleure compréhension de ce programme, vous pouvez aller à l’adresse suivante : http://www.marine2017.fr

Les mondialistes

Emmanuel Macron, c’est la nouvelle rock star de la politique française, qui se veut le rassembleur de tous ces Français orphelins politiques. Ces électeurs qui se sont sentis oubliés par les partis traditionnels et qui peuvent trouver avec Macron un menu assez varié pour y trouver leur compte. Aux niveaux social et économique, il y a un peu de tout pour que l’on puisse dire que c’est un mouvement centriste. En matière de sécurité et de souveraineté, son programme propose, comme le FN, d’engager des gendarmes et de construire des prisons pour lutter contre le terrorisme. Évidemment, tout doit se faire en étroite collaboration avec ses partenaires de l’Union européenne. Il y a une différence intéressante à ce niveau. : Macron ne mentionne jamais le terrorisme islamique, il parle seulement de lutte au terrorisme. Nuance que je trouve fort pertinente à ce niveau, car le FN le nomme. Enfin, il faut appliquer le principe de la laïcité en enseignant celle-ci et en dispensant des cours sur la connaissance des différentes religions. Tout ceci en lien avec le multiculturalisme, qui est une doctrine qui axe son action dans les messages de tolérance, d’ouverture à la diversité et qui place toutes les cultures sur le même pied.

Pour une meilleure compréhension du programme de Macron, allez à l’adresse suivante:
https://storage.googleapis.com/en-marche-fr/COMMUNICATION/Programme-Emmanuel-Macron.pdf

Disons-le tout de suite, Emmanuel Macron sera élu la semaine prochaine. Les hauts-cris de plusieurs personnalités françaises qui en appellent à la mobilisation pour barrer l’entrée de l’extrême-droite* à l’Elysée, trouveront échos dans l’électorat. La catastrophe anticipée n’aura pas lieu. Toutefois, les politiciens français ne pourront pas faire comme si rien ne c’était passé. Il faudra tenir compte de ces résultats, car ce n’est pas l’élection de Macron qui va venir à bout de ce malaise qui n’est pas seulement français, mais celui du monde occidentale. La prochaine bataille, entre les mondialistes et les nationaux, aura lieu en Allemagne l’automne prochain. À suivre…

*Est-ce que le nationalisme sera dorénavant considéré comme de l’extrême-droite ?

Le mauvais fonctionnement du conseil de sécurité (CS)

  1. Qu’est-ce que le CS? Le CS de l’Onu est un organe de l’ONU qui est chargé de veiller à la paix et à la sécurité internationale. À chaque fois qu’un événement tragique survient à un endroit dans le monde, la communauté internationale est saisie de l’affaire. C’est l’Assemblée Générale de l’ONU((193 pays) qui discute de cet événement et le CS à le pouvoir de réagir. Ce conseil est composé de quinze membres, soit cinq membres permanents et dix membres non-permanents.
  2. Comment peut-on faire partie de ce conseil ?
    • Il y a cinq membres permanents (États-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni et France) qui se sont, à toute fin pratique, octroyés un titre de membre à vie de cette puissante organisation. Ils ont la caractéristique commune d’avoir remporté la Seconde Guerre mondiale. Et oui, même la France a gagnée…De plus, ils possèdent un pouvoir, celui du droit de veto, qui peut contrecarrer la volonté démocratique. Ce pouvoir permet, en autre, à la Russie de bloquer les résolutions concernant la Syrie ou aux États-Unis d’éviter toute condamnation possible à l’encontre d’Israël.
    • Il y a dix membres permanents qui sont élus pour un mandat de deux ans. Une résolution peut être adoptée avec leur concours, lorsque l’on obtient une majorité de neuf contre six dans l’ensemble des quinze membres du conseil. Généralement, ce ne sont pas eux qui bloquent les résolutions.
  3. Qu’est-ce qui explique le mauvais fonctionnement du CS ?
    • Fonctionnement antidémocratique: Pour une organisation qui fait la promotion de la démocratie à travers le monde, il est bizarre de voir qu’elle est aussi antidémocratique, avec l’attribution du droit de veto.
    • Manque de représentativité: Oubliez les membres non-permanents, lorsque vous répondrez à la question suivante: Qui parle pour l’Afrique, l’Amérique du Sud, le Moyen-Orient et l’Asie du Sud-Est dans ce conseil ?
    • Conflits d’intérêts: Les membres permanents ne sont pas dans le CS pour réellement défendre la sécurité internationale et la paix. Ils s’y sont pour défendre leurs intérêts personnels. C’est là, l’essentiel du problème et on le voit bien avec ce qui se passe en Syrie.
  4. Quelles sont les exemples(2) qui démontrent le mauvais fonctionnement du CS?
    • La Syrie : Lors de l’utilisation des armes chimiques du 4 avril dernier, le CS a voulu adopter une résolution pour condamner l’utilisation de ces armes par le gouvernement syrien. Les Russes ont utilisé leur veto pour une huitième fois depuis le début de ce conflit, qui a fait plus de 400 000 morts et onze millions de déplacés depuis 2011.
    • La Palestine : Vous connaissez sûrement la situation des Palestiniens en Israël ? J’espère…Pour aller à l’essentiel, ce peuple est confiné sur un territoire qui ne lui appartient plus et on ne lui reconnaît même pas le droit d’exister.(Définition simpliste). Les États-Unis ont utilisé leur droit de veto 26 fois en faveur d’Israël depuis 1973. Le 23 décembre 2016, Barack Obama s’était abstenu d’utiliser son veto pour condamner la colonisation juive en Cisjordanie. C’était un camouflet pour le nouveau président.
  5. Que faire pour l’améliorer ?
    • Il faut faire une refonte complète du fonctionnement de cette organisation:
      • Abolition du droit de veto : Lorsqu’un seul pays peut s’opposer à une résolution souhaitée par la presque totalité des pays de l’Assemblée Générale , il faut remettre en question l’existence même de ce droit.
      • Revoir la composition du CS : Les cinq membres permanents ont gagné la Seconde Guerre mondiale. Cette guerre s’est terminée il y a plus de 70 ans. Il faut en revenir et proposer d’autres critères, car les absents qui pourraient s’y retrouver, sont nombreux.(Allemagne, Japon, Brésil, Inde, Afrique du Sud…) Simplement pour l’histoire d’améliorer la représentativité des continents.
      • L’image du jour : Lorsqu’un match de hockey de rue indique la marque de quinze à un, il faut faire le constat que l’équipe en désavantage de remontera pas la pente. Dans ce contexte, il faut remettre les bâtons dans le milieu et refaire les équipes. D’ailleurs, j’utilise souvent cette figure de style pour parler de la mauvaise répartition des richesses dans le monde. Le problème avec cette solution : l’égoïsme des dominants qui ne veulent pas recommencer, car ils ont tout ?

 

  1. L’armée américaine lance « the mother of all bombs » en Afghanistan : Histoire de compléter la semaine de rêve de Donald Trump, un général de l’armée américaine a fait larguer la plus grosse bombe de l’histoire. Imaginez, un mastodonte de 10 tonnes qui vous tombe sur la tête. Mettons que c’était pour faire le ménage dans la fourmilière des Talibans et de l’EI. En passant, le New-York Times a appris que le porte-avions envoyé par l’administration Trump en mer de Corée, est plutôt allé en Australie. Il y sera plutôt le 25 avril, histoire d’en finir avec ce show de boucane;
  2. Kim Jong-Un manque son coup dans sa tentative d’intimidation: Lors des fêtes du 105e anniversaire de naissance de son grand-père et du fondateur de la dictature qu’il représente, Kim-Jong Un a voulu faire une démonstration de la puissance de frappe de son pays. Ça s’appelle faire patate ! Voir le lien ci-dessous, que j’ai trouvé bien drôle sur le mur de Marc-André Bouchard
    https://www.facebook.com/marcandre.bouchard.98/posts/10154790118159215
  3. Des parents bénévoles qui peinturent une école: Lorsqu’un gouvernement ne joue plus un rôle adéquat dans la mission essentielle que constitue l’éducation, il faut se tourner vers le bénévolat et les fondations. Est-ce que l’on s’occupe réellement des vraies affaires ?
  4. Ergogan remporte son référendum: Le Président Turc vient de remporter une victoire importante dans son désir inavoué de devenir un dictateur, surtout depuis, la tentative ratée de coup d’État, le 15 juillet 2016. Lorsque tu demandes à ton peuple d’avoir plus de pouvoirs et qu’il te dit :« oui je le veux », on appelle ça être en business. Par contre, il faut mentionner que les dictateurs démocratiques*, ont cette capacité à contrôler les médias et les résultats. Il faut surveiller la situation dans ce pays, il y a là une dérive préoccupante.
  5. Theresa May déclenche des élections anticipées: C’est le 8 juin prochain que les Britanniques devront se rendent aux urnes. L’objectif de la PM: se donner un mandat fort pour amorcer les négociations du panier de crabes, que représente le Brexit.
  6. Donald Trump revient à l’America first: Dans un discours qu’il a prononcé au Wisconsin, le Président a réitéré sa volonté de revoir complètement l’entente de libre-échange. Dans un discours de type « campagne », il a sévèrement critiqué le système de gestion de l’offre en vigueur dans l’industrie laitière canadienne. Je vais y revenir la semaine prochaine.
  7. Premier tour des présidentielles françaises: On est encore au coude à coude dans les sondages. Le danger dans ce contexte: les électeurs qui votent les yeux fermés ou qui attendent la tendance du jour pour espérer gagner leurs élections.

*C’est une appellation de mon cru, qu’un certain Vladimir Poutine m’a permis de développer.