Le moins que l’on puisse dire, c’est que le Président des États-Unis vient de faire un virage à 180 degrés. On est passé dans la dernière semaine de l’« America first »à l’ouverture de deux importants fronts. Tout d’abord, après les attaques barbares, à l’aide de gaz chimique, du Président Bachar Al-Assad, les Américains sont allés d’un un grand coup de semonce pour rappeler à l’ordre le dirigeant syrien. Il va sans dire que cela vient fragiliser la situation entre la coalition américaine et les alliés d’Assad. Après ce grand « Tomahawk Shock », le Président a donné l’ordre à un porte-avions et toute sa flotte d’aller se stationner dans la péninsule coréenne, histoire de surveiller le dictateur nord-coréen Kim Jong-Un. Mettons que ce fut une grosse semaine, car nous sommes passés d’une situation où l’Amérique désirait s’isoler à une situation préoccupante. Au regard de ces événements, devons-nous s’inquiéter ? 

La Syrie
Comme je l’ai mentionné vendredi dernier, l’intervention américaine en territoire syrien a été condamné par le gouvernement russe. Ils ont qualifié cette intervention d’agression armée à l’égard d’un pays souverain. En temps normal, nous pourrions trouver cela très inquiétant, mais je pense que les Américains avaient la bénédiction des Russes pour lancer cette attaque. La Russie peut bien déchirer sa chemise sur la place publique, mais elle le fait tout simplement pour ne pas perdre la face. Le Secrétaire d’État Rex Tillerson (en passant, c’est l’Ex-PDG d’Exxon mobil) est de passage à Moscou cette semaine. Ça va discuter fort au Kremlin, mais il n’y aura pas de froid diplomatique. L’enjeu pour les Américains: faire entendre raison aux Russes sur la nécessité de se débarrasser de Bachar Al-Assad. L’enjeu pour les Russes: ne pas perdre la face, dans le dossier de leur mauvaise gestion des armes chimiques en Syrie. Donc ici, il n’y a rien à craindre pour nous, du moins je le crois…Pour ce qui est des Syriens, la situation peut difficilement être pire.

La Corée du Nord

La situation en Corée du Nord est à mon humble avis beaucoup plus inquiétante. Comme vous le savez peut-être, le régime de Pyongyang a effectué cinq essais nucléaires depuis 2013, dont deux en 2016. Au courant de la prochaine année, nous devrions être témoins des premiers essais d’un tir de missile intercontinental. Cela viendrait changer la donne, car selon des spécialistes, la Corée du Nord serait en mesure d’atteindre la Côte Ouest américaine dans deux ans. Pourquoi agir aujourd’hui ? Donald Trump a eu une rencontre de 48 heures avec son homologue chinois XI Jinping et seul allié des Nord-Coréens. Le leader américain a probablement reçu l’assentiment chinois pour cette manœuvre en mer de Corée. Si Américains et Chinois sont au diapason pour enfin régler le problème de ce déséquilibré, ça ne devrait pas être trop compliqué. Par contre, ici je suis plus inquiet, car une bombe nucléaire ça se lance rapidement et elle est la possession d’un gars qui a l’habitude de jouer à « mon père est plus fort que le tien ».

Ce fut donc une grosse semaine pour le nouveau Président des États-Unis. On est passé d’une politique isolationniste à une politique interventionniste. Ce qui est le plus inquiétant, c’est ce changement de cap drastique de l’administration américaine. Un tel revirement laisse présager des actions rapides de l’administration américaine. C’est d’ailleurs ce qu’a évoqué Donald Trump en fin de semaine lorsqu’il a mentionné la possibilité d’une action unilatérale en Corée du Nord. Alors, pourquoi ce changement ? Au-delà des atrocités de la semaine dernière à Khan Cheikhoune, il y a une tentative de noyer le poisson des ratées de la politique intérieure américaine. Avec les échecs des décrets migratoires, de la tentative infructueuse de réforme de l’Obamacare et les rumeurs de relations douteuses avec la Russie, des interventions à l’extérieures du pays ont ceci de bien : attirer l’attention ailleurs…

Michel Bouchard

 

 

     Les images choquantes du massacre de Khan Cheikhoune, qui nous sont parvenues, ont fait réagir le Président des États-Unis. Hier, les Américains ont décidé de lancer une action militaire en Syrie avec le bombardement d’une base aérienne d’où avait été lancé les armes chimiques. Dans un geste de rhétorique, les Russes ont dénoncé cette agression armée sur un territoire souverain. Je crois que cette action était nécessaire en raison de la paralysie du Conseil de sécurité. Une fois cela dit, ont fait quoi avec la Syrie ? Les Américains ont frappé, ses alliés ont approuvé et la Russie vient d’exprimer son mécontentement. Ça ressemble de plus en plus à la réinstallation d’une dynamique de Guerre froide. Au final, ce seront les Syriens qui feront les frais de cette dynamique. Il y a eu une action hier, mais la situation continue d’être désastreuse dans ce pays. Avant de répondre à ma question, il convient de rappeler certains faits.

  1. Le conflit syrien s’est amorcé en 2011, dans la foulée de ce qu’on a appelé le « Printemps Arabe »;
  2. Ce mouvement de contestation populaire voulait le départ de Bachar Al-Assad qui était en poste depuis 2000. Il avait succédé à son père qui lui était là depuis 1970;
  3. Bachar Al-Assad a durement réprimé cette révolte populaire en allant jusqu’à utiliser des armes chimiques contre sa population en 2011. Juste avant ces événements, Barack Obama avait tracé une ligne rouge que le Président de la Syrie ne devait pas franchir. On connaît la suite!;
  4. Cette révolte est devenue une guerre civile entre le gouvernement et les rebelles anti-Assad.(Il y a plusieurs groupes impliqués);
  5. C’est à partir de 2013 que le groupe armé État islamique est entré en jeu en Syrie. Ils ont profité du chaos pour mettre à exécution le plan d’établir un Califat islamique qui serait situé à cheval sur la Syrie et l’Irak;
  6. En 2015, les Russes sont entrés en action dans le conflit pour tenter de repousser l’État islamique et stabiliser le gouvernement de Bachar Al-Assad;
  7. Afin de condamner ces gestes et prendre des actions concrètes pour aider les Syriens, le Conseil de sécurité n’a jamais été capable de s’entendre. C’est la Russie et son allié chinois qui ont bloqué toutes les tentatives, avec leur droit de Véto;
  8. Le 6 avril 2017, les Américains lancent 59 missiles Tomohawks sur une base aérienne. Cette agression armée est dénoncée par Moscou;
  9. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) le conflit a fait entre 320 000 et 470 000 morts. Il y aurait 11 millions de déplacés ou de réfugiés dans ce pays qui comptait 21,5 millions d’habitants en 2011. Selon l’OSDH, le régime d’Assad serait le principal responsable de ce lourd bilan.(voir lien ci-dessous)

Ce pays est en ruine et un cancer généralisé le ronge. Son dirigeant est le principal responsable des problèmes et il faut aussi composer avec ces barbares islamiques que sont les membres de Daech.(EI) Comment faire pour rebâtir un peu d’espoir dans ce pays ? Que faire après ces frappes américaines ? C’est quoi la prochaine étape ? J’espère qu’on ne vient pas d’entrer dans une dynamique de Guerre froide. J’espère que la dénonciation des Russes est une manœuvre diplomatique de leur part pour ménager leur allié Syrien. Ils peuvent faire preuve de ménagement, mais je ne peux pas croire qu’ils pensent encore qu’Assad est la solution pour remettre ce pays sur les rails. En terminant, je reviens à ma question de départ: On fait quoi maintenant ? J’espère qu’il y a un plan, mais permettez moi d’en douter… Dans ce plan, il y aurait quelqu’un pour assurer la transition, une force politique qui pourrait servir de courroie de transmission pour assurer la suite des choses. La seule force disponible provient de l’extérieur de la Syrie. Ce sont des exilés qui ont fuit leur pays et qui pourraient y revenir pour reconstruire leur pays dévasté. Un peu sur le modèle irakien…Ouais, mais l’Irak c’est un échec monumental. Je sais… On fait juste jaser ! Je suis de nature optimiste, mais pour la Syrie je ne vois rien. Et si Lawrence d’Arabie était parvenu à ses fins ? En serions-nous là ? (Si vous voulez en savoir plus sur ce personnage, tapez :« Lawrence d’Arabie » sur un moteur de recherche populaire.)

Bonne journée!

  1. La rémunération des cadres de Bombardier : Un mot pour décrire tout ça: I-N-D-É-C-E-N-T. Vous connaissez l’expression suivante : « Privatisations des profits et socialisation des pertes ». Pensez s’y et je vous reviens là-dessus !
  2. Attentats de St-Petersbourg: La Russie vient d’être frappée par un attentat terroriste. Il y a des milliers de Djihadistes caucasiens (Tchétchènes notamment) qui sont partis combattre en Syrie. Ils finiront par revenir et cela inquiète énormément le gouvernement démocratique de Russie. D’autant plus que celui-ci combat avec ferveur l’EI en Syrie.
  3. Nomination à la Cour suprême des États-Unis : Rappelons qu’il y a un an, Barack Obama voulait procéder à la nomination d’un juge à la Cour Suprême des États-Unis. Cette tentative fut bloquée par le Congrès à majorité républicaine. L’enjeu était important, car Obama voulait nommer un juge progressif, ce qui aurait fait pencher la balance de la Cour à cinq progressifs contre quatre conservateurs. Il est important de comprendre qu’un juge est nommé à vie. Cette semaine, le nouveau gouvernement vient de proposer la nomination d’un juge du Colorado beaucoup plus conservateur, ce que les Démocrates tentent de bloquer. Toutefois, ils sont minoritaires et les Américains devront vivre avec une Cour Suprême à tendance conservatrice pour les prochaines décennies. Ce n’est pas anodin comme nouvelle.
  4. Le régime syrien accusé d’avoir perpétré une attaque au gaz toxique : Le régime de Bachar Al-Assad vient encore de se servir d’armes chimiques contre sa propre population. Le Conseil de Sécurité se réunissait mercredi pour élaborer une résolution pour condamner ces gestes. Il sera probablement condamné à dire :« Pardon mononque ». En fait, il n’y aura pas de conséquence pour cet ignoble personnage, car il est, selon certains intervenants, le seul espoir de la Syrie…Vraiment ? Cette situation démontre clairement le dysfonctionnement du Conseil de sécurité. Je vais d’ailleurs écrire mon prochain texte sur cette question.
  5. Le parlement canadien sous écoute: CBC/Radio-Canada vient de révéler qu’une organisation inconnue a installé des dispositifs pour capter les communications dans la Capitale fédérale. C’est un secret de Polichinelle: La vie privée n’existe plus. D’ailleurs, une relecture du roman prophétique «1984» de Georges Orwell s’impose à ce moment-ci de l’histoire. Dans cet ordre d’idées, les films « Snowden » (Edward Snowden) et « Le cinquième pouvoir »(Julian Assange) peuvent également amener de l’eau au moulin.

Un paradoxe de l’histoire

     Les différentes discussions en cours concernant l’immigration m’amène à réfléchir à l’histoire. Cette réflexion réside dans l’évolution des idéologies politiques et dans la redéfinition de la gauche et la droite. En effet, on assiste actuellement à un débat entre l’ouverture sur le monde et la protection de notre territoire. Il y a de multiples exemples pour décrire ce phénomène, qu’on parle seulement du Brexit. Bizarrement, les adeptes de l’ouverture sont situés à gauche de l’échiquier politique, alors que les protectionnistes sont à droite. Il convient donc de vous faire une petite leçon d’histoire à ce sujet, car les partisans de la mondialisation néolibérale ont toujours été à droite, alors que les pourfendeurs de cette mondialisation « barbare » étaient à gauche.

La droite

C’est à partir des années 1980, que le néolibéralisme a commencé sa marche à la conquête du monde. C’est le Reaganisme et le Thatcherisme qui ont popularisé cette doctrine qui faisait la promotion de trois grandes idées : privatisation, libéralisation et rigueur budgétaire.* C’est d’ailleurs dans ce contexte que, l’ancien Premier Ministre conservateur du Canada, Brian Mulroney a signé le premier accord de libre-échange avec les États-Unis en 1987. À ce moment, j’avais 15 ans et je me souviens des débats épiques qui se tenaient à ce moment. Nous en étions alors aux premiers balbutiements d’une mondialisation que les adeptes de la droite nous ont vendue comme étant nécessaire pour l’avenir de l’humanité. Ces fanatiques se sont enfermés dans un dogme pour forcer nos pays à s’ouvrir sur le libre-échange et à provoquer le démantèlement des frontières économiques et politiques. Trente ans plus tard, on assiste à un spectaculaire revirement.

La gauche

Lors de l’implantation de la mondialisation, la gauche s’est organisé pour faire de son côté une espèce de diabolisation du néolibéralisme. À partir de la création de l’OMC en 1992, les opposants se sont réunis ponctuellement, en marge des grandes rencontres internationales, pour manifester leurs désaccords avec cette mondialisation. Il faut se souvenir de ces gens cagoulés et habillés en noir, frappant après les barricades et lançant des roches à des policiers qui protégeaient le lieu de réunions où se jouait l’avenir du monde. Qui ne se souvient pas du Sommet des Amériques de 2001 à Québec ? Ce fut une des premières victoires des partisans anti-mondialisation ou des altermondialistes. Ce fut l’échec de la création de la plus grande zone de libre-échange au monde.(ZLÉA) Un échec attribuable à la gauche.

Nous sommes en 2017 et les rôles ont passablement changé. La droite trouve son pain et son beurre dans la protection des frontières et la remise en cause des différents accords de libre-échange. De l’autre côté, nous avons une gauche plutôt désorientée qui tantôt dénonce le libre-échange(Bernie Sanders) et tantôt l’approuve, mais qui fait la promotion d’une ouverture sur le monde. Pourquoi ce revirement idéologique ? En raison du fait que la mondialisation a apporté un lot de possibilités et de difficultés que nos gouvernements ne sont pas encore capables de gérer. Cette incapacité réside en partie dans la perte de nos repères. C’est pour cette raison qu’il est urgent d’identifier nos valeurs de société et de s’y référer au besoin.

*Maintenant la rigueur est à gauche, à droite et nulle part…

 

Semaine du 25 mars au 31 mars 2017

Semaine du 25 mars au 31 mars

  • Brexit: La PM de la Grande-Bretagne vient de lancer la procédure devant sortir son pays de l’Union européenne. Est-ce le début de la fin pour l’UE?
  • Indépendance de l’Écosse: Le parlement écossais vient de donner son accord pour faire une autre consultation populaire sur l’indépendance. Rappelons que les Écossais avaient dit non dans une proportion de 55% en 2014. Petit conseil aux Écossais: Attention, car se dire « non » deux fois, laisse des traces indélébiles sur une société. Vous en parlerez à des membres d’un peuple que je connais bien…
  • Le Congrès américain rejette la réforme de l’Obamacare: Le Président Trump en avait fait un élément central de sa campagne. Pourtant, même si les Républicains détiennent la majorité des deux chambres (Sénat et Représentants) le Président a essuyé un autre échec. Rappelons que, selon cette réforme, 24 millions d’Américains auraient perdu leur assurance-maladie au courant des dix prochaines années. Ne soyez pas rassurés, car plusieurs opposants, de l’aile droite du parti républicain, de la réforme trouvaient que ce n’était pas assez.
  • Budget du Québec: Bruits de criquets par une soirée chaude et humide de juillet…
  • La gauche se déchire en France: L’ancien PM socialiste Emmanuel Valls vient de donner son appui au candidat centriste Emmanuel Macron. Benoit Hamon, candidat socialiste, devra se rapprocher de l’extrême-gauche de Jean-Luc Méléchon, s’il veut passer au deuxième tour des Présidentielles.
  • Trois vedettes pour réinventer l’école: J’aimerais réagir ici à l’article de « La Presse » d’hier(30 mars), où l’on présentait le projet de réinventer l’école québécoise assorti d’un enveloppe budgétaire de 5 millions de dollars. Ce mandat a été confié à trois personnalités publiques complètement en dehors de l’éducation. À mon avis, il est important de réfléchir à cette question, mais que voulez vous faire avec aussi peu d’argent et avec aucun intervenant du monde de l’éducation ? Cette manoeuvre vient encore d’afficher le mépris qu’a le gouvernement libéral à l’égard de la profession enseignante. On va enfin pouvoir penser en dehors de la boîte (expression de m…) avec du « vrai monde » qui vont parler des « vraies affaires »!

 

L’ouverture des frontières n’est pas un remède

     Lorsque tu piges dans le chapeau des nationalités à ta naissance, il faut être vraiment malchanceux d’être né Syrien. Le conflit syrien, débuté en 2011, a déclenché un important flux migratoire. Tout ceci dans un contexte où la situation est catastrophique dans certains pays du Moyen-orient (Afghanistan, Irak, Yémen) et en Afrique du Nord. Selon certaines estimations, près d’un million de migrants a tenté de rejoindre l’Europe illégalement en 2015. Il est normal que les pays développés doivent faire leur part pour contrer ces crises humanitaires. Par contre, l’accueil de ces déshérités n’est pas une situation viable à long terme pour l’ensemble des acteurs. Cela ressemble plutôt à un premier répondant qui placerait un « plasteur» sur une plaie béante. Cette ouverture ne nous dédouane pas de prendre des actions plus significatives, plus engageantes sur le plan politique. D’autant plus que cette situation est périlleuse pour nous et pour les pays des populations réfugiées. Après ce constat, que faire ?

La montée du populisme dans les pays développés est directement reliée à cette hausse massive de l’immigration illégale. Faute de moyens pour accueillir convenablement ces masses de gens avec des cultures différentes, nous assistons impuissants à la faillite de l’intégration de plusieurs communautés et à la transformation de notre tissu social. De là vient la méfiance à l’égard des étrangers, ce qui a notamment conduit au Brexit, à l’élection de Trump aux États-Unis et à la montée de la droite protectionniste en Europe, particulièrement en France.

Le climat de méfiance est palpable dans les pays développés, mais ce n’est rien avec ce qui se passe dans ces pays où règne le chaos. Ces pays se désintègrent, par le biais d’un exode massif de cerveaux et d’une jeunesse à la recherche d’espoir. L’Afghanistan, l’Irak et la Syrie, pour ne nommer que ceux-là, se vident de leur élite intellectuelle laissant ainsi la place aux Islamistes. Sans ces atouts, que constituent les gens instruits et les jeunes, comment sera-t-il possible d’un jour reconstruire ces pays ? La situation est tellement désespérée, que les Occidentaux pactisent avec Bachar Al-Assad en Syrie. Le désarroi est grand !

Accueillir plus de gens, je veux bien, mais il ne faut pas non plus se cacher la tête dans le sable et se contenter de l’effet placebo de ce remède. Il faut régler la situation dans ces pays. Facile à dire vous me direz! Je sais, mais on a le droit de réfléchir à voix haute. La solution est politique et elle passe par une réforme complète du conseil de sécurité de l’ONU. Nous ne pouvons plus laisser les clés de l’avenir du monde à cinq pays (États-Unis, Russie, Angleterre, France et Chine) qui protègent davantage leurs intérêts que d’assurer le bien-être de ces populations accablées. Est-ce que la volonté politique est suffisamment puissante pour venir à bout de ces crises où l’on se satisfait d’elles? Après tout, la destruction est créatrice de possibilités.

Réflexion sur l’intolérance

 

     Rappelons que lorsque l’on parle de populisme, on fait référence à des politiciens qui seraient à l’écoute des volontés du peuple en étant en opposition aux élites politiques traditionnelles d’un pays. À première vue, de penser qu’un politicien puisse être sensible aux préoccupations du peuple, je trouve ça réconfortant. Cette expression galvaudée dans tous les médias de la planète, se rapporte plutôt au sens péjoratif de l’étymologie de ce terme. À savoir que le peuple serait ignare et que les politiciens populistes seraient des bêtes assoiffées de sang. Ici je ne tiens pas à défendre les idées de tous les leaders «populistes», mais plutôt à éviter les raccourcis intellectuels de l’élite bien pensante, qui voit les défenseurs de notre identité et de notre mode de vie comme étant de dangereux personnages à abattre. Et si le populisme que l’on décrit à gauche et à droite était tout simplement un réflexe normal de protection face à une menace à notre identité ou notre mode de vie ? Une nouvelle réalité introduite par l’intensification des mouvements migratoires et qui échappe au peuple. Il s’agit là d’un contexte propice à un affrontement entre les «populistes» et les idéologues du multiculturalisme, qui se plaisent à taxer d’«intolérants» les objecteurs de conscience.

Cette méfiance à l’égard de l’immigration peut être justifiée ou non, mais les habiles politiciens savent attiser ces peurs et provoquer une réflexion sur notre modèle migratoire. Dès que s’amorce cette réflexion, des idéologues de gauche sont rapides à apposer l’étiquette de l’intolérance. À cet égard, les adeptes de la tolérance ne seraient pas, eux aussi, des populistes intolérants, car ils en appellent à la lapidation publique de tous ceux qui veulent évoquer cette menace potentielle pour leur identité, leur langue et leur mode de vie. Aussitôt que quelqu’un exprime une crainte à l’égard des importants flux migratoires, du danger que court une langue ou qu’il exprime des réserves à l’encontre des ratées de l’intégration, il est qualifié de xénophobe, d’intolérant.

Évidemment, pour pallier aux tragédies du monde, l’ouverture de nos frontières est primordiale. Nous ne pouvons pas être contre la vertu. Nous vivons dans un pays riche et l’on doit contribuer. Ça va de soi! Par contre, on doit se demander comment faire pour juguler ces catastrophes et analyser la contribution de certains pays arabes qui seraient probablement capables d’en faire beaucoup plus par rapport à la crise des migrants qui est en cours au Moyen-Orient. D’ailleurs, combien de réfugiés syriens l’Arabie-Saoudite a reçus depuis le début du conflit ? Vous connaissez l’expression: «0 comme dans Ouellet»?

Finalement, nous sommes confrontés à une dualité que l’on hésite à nommer, car elle oppose un populisme identitaire, poussé par des leaders charismatiques (Trump, Le Pen et Wilders) à une idéologie faisant la promotion du multiculturalisme et véhiculée par des politiciens s’appuyant sur des diasporas probablement fidèles aux caisses de certains partis politiques…Pour les médias et les adeptes du multiculturalisme, le cancer qui gruge les sociétés occidentales, c’est l’intolérant xénophobe. Il faudrait peut-être regarder un peu plus loin, car l’intolérant n’est peut-être pas seulement celui que l’on pense…