Un paradoxe de l’histoire

     Les différentes discussions en cours concernant l’immigration m’amène à réfléchir à l’histoire. Cette réflexion réside dans l’évolution des idéologies politiques et dans la redéfinition de la gauche et la droite. En effet, on assiste actuellement à un débat entre l’ouverture sur le monde et la protection de notre territoire. Il y a de multiples exemples pour décrire ce phénomène, qu’on parle seulement du Brexit. Bizarrement, les adeptes de l’ouverture sont situés à gauche de l’échiquier politique, alors que les protectionnistes sont à droite. Il convient donc de vous faire une petite leçon d’histoire à ce sujet, car les partisans de la mondialisation néolibérale ont toujours été à droite, alors que les pourfendeurs de cette mondialisation « barbare » étaient à gauche.

La droite

C’est à partir des années 1980, que le néolibéralisme a commencé sa marche à la conquête du monde. C’est le Reaganisme et le Thatcherisme qui ont popularisé cette doctrine qui faisait la promotion de trois grandes idées : privatisation, libéralisation et rigueur budgétaire.* C’est d’ailleurs dans ce contexte que, l’ancien Premier Ministre conservateur du Canada, Brian Mulroney a signé le premier accord de libre-échange avec les États-Unis en 1987. À ce moment, j’avais 15 ans et je me souviens des débats épiques qui se tenaient à ce moment. Nous en étions alors aux premiers balbutiements d’une mondialisation que les adeptes de la droite nous ont vendue comme étant nécessaire pour l’avenir de l’humanité. Ces fanatiques se sont enfermés dans un dogme pour forcer nos pays à s’ouvrir sur le libre-échange et à provoquer le démantèlement des frontières économiques et politiques. Trente ans plus tard, on assiste à un spectaculaire revirement.

La gauche

Lors de l’implantation de la mondialisation, la gauche s’est organisé pour faire de son côté une espèce de diabolisation du néolibéralisme. À partir de la création de l’OMC en 1992, les opposants se sont réunis ponctuellement, en marge des grandes rencontres internationales, pour manifester leurs désaccords avec cette mondialisation. Il faut se souvenir de ces gens cagoulés et habillés en noir, frappant après les barricades et lançant des roches à des policiers qui protégeaient le lieu de réunions où se jouait l’avenir du monde. Qui ne se souvient pas du Sommet des Amériques de 2001 à Québec ? Ce fut une des premières victoires des partisans anti-mondialisation ou des altermondialistes. Ce fut l’échec de la création de la plus grande zone de libre-échange au monde.(ZLÉA) Un échec attribuable à la gauche.

Nous sommes en 2017 et les rôles ont passablement changé. La droite trouve son pain et son beurre dans la protection des frontières et la remise en cause des différents accords de libre-échange. De l’autre côté, nous avons une gauche plutôt désorientée qui tantôt dénonce le libre-échange(Bernie Sanders) et tantôt l’approuve, mais qui fait la promotion d’une ouverture sur le monde. Pourquoi ce revirement idéologique ? En raison du fait que la mondialisation a apporté un lot de possibilités et de difficultés que nos gouvernements ne sont pas encore capables de gérer. Cette incapacité réside en partie dans la perte de nos repères. C’est pour cette raison qu’il est urgent d’identifier nos valeurs de société et de s’y référer au besoin.

*Maintenant la rigueur est à gauche, à droite et nulle part…

 

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